Cette déclaration d'indépendance de la République du Bas-Canada fut rédigée par Robert
Nelson et ses hommes, alors qu'ils étaient réfugiés aux États-Unis. Nelson proclama
l'indépendance du Bas-Canada le 28 février 1838 à Caldwell's Manor (Clarenceville),
alors qu'il rentrait au pays. Il a ensuite relu celle-ci le 4 novembre à titre de
« président de la république du Bas-Canada », à Napierville. Mais, la défaite des Patriotes
a anéanti le projet de Nelson.
Attendu que le solennel contrat fait avec le peuple Bas-Canada et enregistré dans le
livre des Statuts du Royaume Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande, le 31e
chapitre des Actes passé dans la 31e année du règne du Roi George III, a été
continuellement violé par le Gouvernement Britannique, et nos droits usurpé; et attendu
que nos humbles pétitions, adresses, protêts, remontrances contre cette conduite
préjudiciable et inconstitutionnelle, ont été faits en vain; - que le gouvernement
britannique ait disposé de notre revenu sans le consentement constitutionnel le notre
législature locale, qu'il a pillé notre trésor, qu'il a arrêté et emprisonné grand nombre
de nos concitoyens, qu'il a répandu par tout le pays une armée mercenaire dont la présence
est accompagnée par la consternation et l'alarme, dont la trace est rougie du sang de notre
peuple, qui a réduit nos villages en cendres, profané des temples, et semé par tout le pays
la terreur et la désolation; et attendu que nous ne pouvons plus longtemps souffrir les
violations répétées de nos droits les plus chers et supporter patiemment ; - Outrages et
les cruautés multiples du gouvernement du Bas-Canada, Nous, au nom du peuple du Bas-Canada,
reconnaissant décrets de la divine Providence qui nous permet de renverser le gouvernement
qui a violé l'objet et l'intention de sa création de faire choix de cette forme de
gouvernement qui rétablira l'emploi de la justice, assurera la tranquillité domestique,
pourvoira à la défense commune, augmentera le bien général, et garantira à nous et à notre
postérité les avantages de la liberté civile et religieuse;
Déclarons solennellement :
1. Que de ce jour et à l'avenir, le peuple du Bas-Canada est libre de toute allégeance à la
Grande-Bretagne, et que le politique entre ce pouvoir et le Bas-Canada, est maintenant
rompu.
2. Qu'une forme républicaine de gouvernement est celle convient le mieux au Bas-Canada,
qui est ce jour déclaré être une république.
3. Que sous le gouvernement libre du Bas-Canada, tous les individus jouiront des mêmes
droits : les sauvages ne seront plus soumis à aucune disqualification civile, mais jouiront
des mêmes droits que tous les autres citoyens du Bas-Canada.
4. Que toute union entre l'Église et l'État est par la présente déclarée être dissoute,
et toute personne aura le droit d'exercer librement telle religion ou croyance qui lui sera
dictée par sa conscience.
5. La tenure féodale ou seigneuriale des terres est par la présente abolie, aussi complètement
que si telle tenure n'est jamais existé au Canada.
6. Que toute personne qui prendra les armes ou qui donnera autrement de l'aide au Canada,
dans sa lutte pour l'émancipation, sera et est déchargée de toutes dettes ou obligations
réelles ou supposées résultant d'arrérages des droits seigneuriaux ci-devant en existence.
7. Que le douaire coutumier est. pour l'avenir, aboli et prohibé.
8. Que l'emprisonnement pour dettes n'existera pas davantage excepté dans certains cas de
fraude qui seront spécifiés, dans un acte à être plus tard passé à cette fin par la Législature
du Bas- Canada.
9. Que la condamnation à mort ne sera plus prononcée ni exécutée, excepté dans les cas de
meurtre.
10. Que toutes les hypothèques sur les terres seront spéciales et pour être valides
seront enregistrées dans des bureaux à être établis pour cette fin par un acte de la
Législature du Bas-Canada.
11. Que la liberté et l'indépendance de la presse existera dans toutes les matières
et affaires publiques.
12. Que le procès par jury est assuré au peuple du Bas-Canada dans son sens le plus
étendu et le plus libéral, dans tous les procès criminels, et aussi dans les procès
civils au-dessus d'une somme à être fixée par la législature de l'État du Bas-Canada.
13. Que comme une éducation générale et publique est nécessaire et est due au peuple
par le gouvernement, un acte y pourvoyant sera passé aussitôt que les circonstances le
permettront.
14. Que pour assurer la franchise électorale, toutes les élections se feront au scrutin
secret.
15. Que dans le plus court délai possible, le peuple choisisse des délégués, suivant
la présente division du pays en comtés, villes et bourgs, lesquels formeront une
convention ou corps législatif pour formuler une constitution suivant les besoins du
pays, conforme aux dispositions de cette déclaration, sujette à être modifiée suivant
la volonté du peuple.
16. Que chaque individu du sexe masculin, de l'âge de vingt et un ans et plus, aura le
droit de voter comme il est pourvu par la présente, et pour l'élection des susdits délégués.
17. Que toutes les terres de la Couronne, et aussi celles qui sont appelées Réserves du Clergé,
et aussi celles qui sont nominalement la possession d'une certain compagnie de
propriétaires en Angleterre appelée « La Compagnie des Terres de l'Amérique
britannique du Nord » sont de droit la propriété de l'État du Bas-Canada, et excepté
telles parties des dites terres qui peuvent être en possession de personnes qui les
détiennent de bonne foi, et auxquelles des titres seront assurés et accordés en vertu
d'une loi qui sera passée pour légaliser la dite possession et donner un titre pour tels
lots de terre dans les « townships » qui n'en ont pas, et qui sont en culture ou
améliorés.
18. Que les langues française et anglaise seront en usage dans toutes les affaires publiques.
Et pour l'accomplissement de cette déclaration, et pour 1e soutien de la cause
patriotique dans laquelle nous sommes maintenant engagés avec une ferme confiance dans la
protection du Tout-Puissant et la justice de notre conduite, - nous, par ces présentes,
nous engageons solennellement les uns envers les autres, nos vies et nos fortunes et notre
honneur le plus sacré.
Par ordre du gouvernement provisoire.
ROBERT NELSON, Président
Dernière modification : 15 août 2005
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