Les rinistes fondateurs sont au nombre de vingt personnes parmi lesquelles on retrouve
André D'Allemagne, Jacques Bellemare, avocat, Marcel Chaput, ainsi que des fonctionnaires
de la fonction publique fédérale, des Montréalais, des Hullois, un hôtelier de
Morin Height et Charles Letellier de Saint-Juste, avocat, d'Ottawa. Il est à noter que
Pierre Bourgault n'est pas un fondateur du R.I.N., ayant été présenté un peu plus tard
à André D'Allemagne.
Voici donc une courte biographie de certains fondateurs et dirigeants du Rassemblement
pour l'indépendance nationale (R.I.N.) :
André D'Allemagne
Né en 1929, André D'allemagne est le président-fondateur du Rassemblement pour l'indépendance nationale
(R.I.N.). Il y occupa tour à tour les postes de président, de vice-président et de membre du comité
exécutif jusqu'à la dissolution du parti, en 1968. Il est diplômé de l'Université de Montréal en
linguistique et en sciences politiques, ayant fait carrière à la fois dans la traduction et
l'enseignement. Penseur de haut niveau, il aura marqué profondément la démarche de libération nationale
du peuple québécois. Il a publié bon nombre d'écrits, notamment « Le colonialisme au Québec » et «
Le R.I.N. et les débuts du mouvement indépendantiste québécois ». Il est décédé en février 2001.
Pour en savoir plus :
Textes suite à la mort de André D'Allemagne
Marcel Chaput
Il est un ancien fonctionnaire fédéral, dirigeant du R.I.N. et fondateur du
Parti républicain du Québec.
En effet, un jour qu'il devait se rendre à Québec pour prononcer
une importante conférence, ses supérieurs de la Défense nationale, à Ottawa,
lui interdirent le déplacement. Il n'en fallait pas plus pour lui et il
quitta immédiatement son emploi. Il se rendit ensuite à Québec, malgré les menaces...
Fortement médiatisée, cette fraracassante démission place le mouvement pour
l'indépendance du Québec dans les premières pages de tous les journaux.
Marcel Chaput devient une véritable vedette et l'invité privilégié de nombreuses
émissions de radio et de télévision. Son livre, « Pourquoi je suis séparatiste
», se vend alors comme des pains chauds et devient rapidement la bible de tous
les indépendantistes. On peut dire que c'est un peu grâce à Marcel Chaput
si l'indépendance du Québec est rapidement devenue une cause crédible au
Québec. En effet, les Canadiens français se reconnaissent lorsqu'il parle,
l'écoutant sans réserve. De plu, bien entouré, il est présentement le
seul homme qui pourrait rallier tous les canadiens français autour de l'idée
de l'indépendance. Aussi, de par son sérieux, son calme, sa logique, est
bien vu des milieux financiers Canadiens français.
Malgré qu'il était au R.I.N. national, Marcel Chaput
n'axait son discours que sur le problème national du Québec, ne parlant jamais
de laïcisation, de grandes réformes sociales ou de la peine de mort, une préoccupation
majeure au sein du R.I.N., étant un nationaliste et un patriote.
En 1962, il annonce son intention de se porter
candidat dans Bourget, lors des élections provinciales, alors que le R.I.N.
n'a pas encore pris la décision de se transformer en parti politique, créant
des remous entre lui et le R.I.N. central. Il démissionnera ensuite de la présidence
du R.I.N., parce que, dit-il, le mouvement n'est pas encore un parti politique...Défait
aux élections, Marcel Chaput reste fidèle à son idée et décide, en réponse à
de fortes et nombreuses pressions, au sein et en dehors du R.I.N., de fonder
son propre parti, le Parti républicain du Québec. En décembre, il passe quelques
jours à Trois-Rivières, pour discuter avec le R.I.N.-Mauricie, qui compte à
ce moment-là pour près de la moitié de toutes les forces du R.I.N. au Québec.
Il peut compter sur eux, s'engagageant à le suivre.
Pour en savoir plus :
Sur Marcel Chaput et son livre, « Pourquoi je suis séparatiste » (1963) :
Marcel Chaput ou le pari de la dignité
Vidéos :
Marcel Chaput raconté par son son petit-fils : Julien Chaput
Marcel Léger
Il a été l'un des sept premiers députés du Parti québécois à être déclaré élu à l'Assemblée nationale
le 29 avril 1970. Il deveint par la suite le premier titulaire du ministère québécois de l'Environnement,
en 1976. Le 9 septembre 1982, il est écarté du cabinet lors d'un remaniement ministériel. En 1983, il
devient le chef intérimaire du parti nationaliste du Québec, qui offrait aux Québécois, et notamment aux
souverainistes, une alternative pour les représenter à Ottawa, face aux forces fédéralistes. Il démissionna
de ce poste le 17 mai 1984, étant remplacé par Monsieur Denis Monière. Puis, le 25 septembre 1984, il
revient au conseil des ministres, étant titulaire du ministère du tourisme, jusqu'en 1985. En 1993,
il succomba à un infarctus, à l'âge de 62 ans.
Pierre Bourgault
Pierre
Bourgault, qui est né à East Angus en 1934, durant la grande dépression. Ayant grandi a
Montréal, il prend vite conscience de la précarité du français
et de la domination anglo-saxonne au Québec. Au début des années 60, il
devient indépendantiste « par hasard et par ... nécessité », comme il le dit
si bien. Membre de la première heure du Rassemblement pour l'indépendance
nationale, il s'implique de plus en plus au sein du parti dont il devient le
chef le 30 mai 1964. Il participe au fameux « Samedi de la matraque
» et assiste au « Vive le Québec libre » de Charles De Gaulle en 1967. Alors que
l'ascension du RIN se poursuit, Bourgault décide, en 1968, de dissoudre
le parti en invitant ses membres à se joindre au nouveau parti indépendantiste,
le PQ. Bourgault est demeuré au sein du PQ quelques années, mais un profond
conflit entre lui et René Lévesque force son retrait de la vie politique au
milieu des années 70.
Sur les tribunes, il se révèle fougueux, éloquent, enlevant.
On parle de son « verbe de feu ». Il fascine. Pour plusieurs générations de
Québécois, comme le dit la directrice du Devoir, Lise Bissonnette, il sera un
maître de la langue. En effet, Pierre Bourgault est l'un des plus grands
orateurs que le Québec ait connus. En quelque quarante ans de vie publique,
il a investi tous les lieux de la parole. C'est là le fil qui traverse sa carrière.
La langue, son principal « outil de travail », il s'en est servi partout, toujours.
Sur les tribunes politiques, bien entendu, mais aussi, et peut-être surtout
à la radio, à la télévision, à l'université, dans les colonnes des journaux,
dans les pages d'une dizaine de livres, dans une chanson célèbre (Entre deux
joints, mise en musique et popularisée par Robert Charlebois), et même récemment
au cinéma, dans Léolo. Il y a chez lui une aversion contre tous les jargons
qui le pousse à un constant souci de limpidité, même dans le raffinement. L'historien
Jacques Lacoursière prétend d'ailleurs qu'il est le « promoteur idéal d'une
langue bien de chez nous, mais une langue dépouillée de tout ce qui pouvait
la ternir ». Pour Pierre Bourgault, qualité de la langue n'implique pas fixité.
Il fut d'ailleurs un des premiers, dans les années 70, à réclamer une féminisation
de la langue française.
Durant ses années en politique, il a prononcé en moyenne
235 discours par année, dont plusieurs à l'extérieur du Québec. Lorsqu'il quitte
la politique, Pierre Bourgault devient un journaliste-chroniqueur dont les opinions,
qui ne sont plus exclusivement politiques, sont toujours de plus en plus recherchées.
À la fin des années 70, il collabore notamment au magazine Nous, dans lequel
il publie plusieurs textes considérés comme des pièces d'anthologie du journalisme
d'opinion québécois; dont plusieurs se retrouvent dans les trois tomes de ses
très populaires Écrits polémiques.À la radio, il animera entre autres la surprenante
émission Plaisirs qui portait si bien son nom de 1990 à 1993. Depuis
1975, on a pu le lire dans presque tous les grands journaux et magazines québécois
et canadiens : L'Actualité, Perspectives, Le Devoir, sans oublier, en anglais,
The Gazette et The Globe & Mail. En 1976 il devient professeur à l'Université
du Québec à Montréal, au Département des communications. Les étudiants
de Pierre Bourgault, parmi lesquels le regretté cinéaste Jean-Claude Lauzon,
restent marqués par ce professeur charismatique. Outre son enseignement, Pierre
Bourgault continue à distiller des opinions fortes et originales pour les lecteurs
du Journal de Montréal et du Journal de Québec, dans lesquels il signe trois
chroniques par semaine. De plus, il a animé Point de vue à Télé-Québec, où il
présentait et commentait de grands documentaires. Vers la fin de sa vie, il a aussi participé
à l'émission Indicatif Présent de Marie-France Bazzo, sur les ondes radiophoniques de Radio-Canada.
En tant qu'excellent orateur, on doit lui attribuer le mérite d'avoir fait de
la souveraineté un mouvement populaire plutôt qu'une simple idée véhiculée dans les
milieux intellectuels.
Il est malheureusement décédé le 16 juin 2003, des suites d'une maladie pulmonaire, reliée
au tabagisme.
Dernière modification : 2 juin 2004
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