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Site historique du Front de libération du Québec (FLQ)


Les visions de l'indépendance du Québec du FLQ et du Parti Québécois

Table des matières



Introduction

1. Les raisons d'accéder à l'indépendance du Québec

2. L'accession à l'indépendance du Québec

3. Le Québec après l'accession à l'indépendance

Conclusion

Liste des références

Bibliographie



Introduction

Depuis l'Acte de l'Amérique du Nord Britannique (AANB) en 1867, et même avant, en pensant aux Patriotes de 1837-1838, il y a toujours eu des opposants au régime politique canadien au Québec. Le Front de libération de Québec, communément appelé FLQ, vit le jour durant la Révolution tranquille au Québec. Ce mouvement clandestin était composé de révolutionnaires prêts à mourir pour accéder à l'indépendance du Québec. Parallèlement à ce groupe révolutionnaire, le Parti Québécois fut fondé en 1968, suite à la fusion du Mouvement Souveraineté-Association (MSA) et du Ralliement national (RN) et de la dissolution du rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN). Ce parti politique, légalement formé, proposa le principe d'une souveraineté assortie d'une association économique avec le reste du Canada.

On peut remarquer que mener le Québec à son indépendance semble l'objectif principal commun à ces deux organisations. Mais, est-ce que le Front de libération du Québec et le Parti Québécois ont les mêmes visions quant à l'indépendance du Québec ? Malgré que ces deux organisations veuillent accéder à l'indépendance du Québec, celles-ci en ont des visions bien différentes.

Dans cette recherche, il y aura trois aspects développés, afin de bien cerner le problème. Premièrement, il y aura une analyse des raisons d'accéder à l'indépendance du Québec. Ensuite, les étapes de l'accession à l'indépendance du Québec seront examinées. Finalement, les visions du Front de libération du Québec et du Parti Québécois d'un futur Québec indépendant seront présentées.

1. Les raisons d'accéder à l'indépendance du Québec

Le Front de libération du Québec et le Parti Québécois entendent faire l'indépendance du Québec. En effet, ces deux organisations ont plusieurs raisons, qu'elles soient historiques, politiques ou sociales.

1.1 Les raisons du Front de Libération du Québec

Raisons historiques

Le Front de libération du Québec veut venger la déportation des Acadiens et principalement la défaite de 1760 contre les Anglais, menant ainsi l'Angleterre à prendre possession de la colonie française. L'histoire de la domination anglo-saxonne commence Québec. Mais, en 1837, la révolte des Patriotes éclate. L'armée anglaise la réprime dans le sang. Il s'ensuit le rapport Durham, concluant qu'il s'avère impossible d'assimiler les français par la force et qu'il faut donc les éliminer progressivement. On crée donc, suite à l'échec de l'Acte d'Union, la Confédération, un moyen parfait d'assimilation, dont même le nom est mensonger. Depuis son avènement, tous les efforts du peuple québécois pour obtenir ses droits fondamentaux ont été arrêtés par le colonialisme.

Raisons politiques

Le Québec est colonisé : il ne possède pas les leviers politiques nécessaires à la survie du peuple québécois. En effet, le gouvernement colonialiste d'Ottawa possède toute juridiction dans de nombreux domaines. Ce même gouvernement fédéral est complètement acquis aux intérêts des impérialistes anglo-saxons, y détenant une majorité constitutionnelle écrasante, servant constamment à maintenir et à accentuer l'infériorité des Québécois. En effet, lorsque les intérêts anglo-saxons et québécois entrent en conflit, les intérêts du Québec sont toujours défavorisés. La situation au Québec n'est guère mieux, car ce qu'on appelle démocratie au Québec n'est en fait que la democracy des riches.

Raisons sociales

Malgré la supériorité numérique des français au Québec, la langue anglaise domine les champs les plus divers, devenant la langue du travail. « Plus de 80% de notre économie est contrôlée par des intérêts étrangers. Nous fournissons la main-d'œuvre, ils encaissent les profits. […] Des patriotes se sont rendus compte qu'ils étaient colonisés, dominés, exploités. » (1) En effet, les big boss patronneux et leurs valets ont fait du Québec leur chasse-gardée du cheap labor et de l'exploitation sans scrupule. De plus, les travailleurs, les chômeurs et les pauvres ne se sentent pas libres en leur pays le Québec, étant des esclaves terrorisés par les grands patrons.

1.2 Les raisons du Parti Québécois

Raisons historiques

En 1755, les Anglais déportent les Acadiens et quelques années plus tard, la Nouvelle-France devient une colonie anglaise, suite à la Conquête de 1760. Aucun français ne peut aspirer à des fonctions administratives. En 1837, en quête d'une plus grande liberté politique, les Patriotes sont écrasés par l'armée anglaise. Le rapport Durham qui en suivit, en 1839, recommande l'assimilation des Canadiens français, en les plaçant politiquement dans une majorité anglaise. Ce qu'ils firent, unifiant du même coup la dette, celle du Haut-Canada étant très élevée en comparaison avec celle du Bas-Canada. En 1867, le Québec, l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse forment la Confédération canadienne, lors de l'Acte de l'Amérique du Nord Britannique (AANB). Celle-ci confirme et accentue la mise en minorité des francophones au Québec dans un pays britannique.

Raisons politiques

Une grande part des moyens financiers et des politiques du Québec est contrôlée par un parlement fédéral cherchant à concrétiser une conception du Canada contraire aux désirs des Québécois. De plus, le Québec n'a jamais pu et ne pourra jamais disposer plus que d'une voix minoritaire. Dans le système fédéral canadien, le poids des Québécois est en constante régression, cela est inévitable. Les Québécois vont jouer un rôle de plus en plus marginal et secondaire si le régime actuel est maintenu. Le gouvernement fédéral est d'ailleurs de plus en plus centralisateur. De plus, lorsque vient le temps d'un référendum, les fédéralistes proposent de renouveler la Constitution à l'avantage du Québec…

Raisons sociales

La langue française demeure dans une position précaire au Québec, malgré le désir des Québécois de la protéger et d'en promouvoir l'usage, compte tenu de la présence marginale des francophones en Amérique. La menace est d'autant plus sérieuse que, dans le cadre du régime fédéral, le Québec n'a pas le plein contrôle de son avenir linguistique. Ensuite, le gouvernement fédéral n'investit pas au Québec pour créer des emplois, mais pour des paiements d'aide sociale et d'assurance-chômage. En effet, il y a un important manque à gagner pour le Québec provenant des fonds fédéraux, principalement en recherche et développement, se traduisant par des milliers d'emplois en moins pour le Québec.

1.3 Différences entre les raisons du Parti Québécois et du FLQ

Raisons historiques

Historiquement, le FLQ et le Parti Québécois ont sensiblement les mêmes raisons. En effet, la conquête anglaise est le point de départ du problème. Immédiatement, les Canadiens français n'ont pu décider de leur sort eux-mêmes. De plus, ces deux organisations n'acceptent pas que les Patriotes, en 1837 et 1838, aient été réprimés dans le sang et plus tard, pendus pour trahison, ainsi que le rapport Durham qui s'en suivit. Depuis 1867, la Confédération canadienne confirme la mise en minorité des Québécois au sein d'un pays anglophone, ayant pour conséquence de ne pouvoir faire valoir leurs droits.

Raisons politiques

Du côté politique, le FLQ et le Parti Québécois en ont assez du gouvernement fédéral et de la Confédération canadienne, qui pénalisent le Québec. Les Québécois, confrontés à la majorité anglaise, se voient défavorisés par rapport à leurs vis-à-vis anglophones, leurs intérêts n'étant pas pris en considération. Mais pour le FLQ, ceci va beaucoup plus loin. En effet, même au Québec, il n'y a pas de véritable démocratie, sinon celle des riches anglais. En plus, le Québec est colonisé, politiquement par les Anglo-saxons et économiquement par les États-Unis.

Raisons sociales

Sur le plan social, le FLQ et le Parti Québécois trouvent que le français n'a pas la place qu'il mériterait de posséder, étant entouré par l'anglais et n'étant pas protégé par la Confédération canadienne. Ensuite, ces deux organisations sont d'accord pour combattre le chômage et créer des emplois, car la situation est difficile au Québec. Mais, les felquistes poussent ceci encore plus loin, admettant que les Québécois sont exploités par les grands patrons, souvent anglophones, ce qui résulte en cette pauvreté. Ces travailleurs n'ont pas l'égalité qu'ils devraient avoir, n'étant que des serviteurs terrorisés par leurs patrons.


Donc, les raisons d'accéder à l'indépendance du Québec sont quelques peu semblables, surtout sur le côté historique. Cependant, pour les raisons politiques et sociales, le FLQ prétend que les Québécois sont colonisés et exploités.

2. L'accession à l'indépendance du Québec

Le front de libération du Québec et le Parti Québécois proposent une démarche claire pour accéder à l'indépendance du Québec. Ces deux organisations présentent effectivement quatre grandes étapes.

2.1 L'accession à l'indépendance par le FLQ

Première étape

La première étape de la révolution et de l'accession à l'indépendance du Québec, par le FLQ est la préparation organisationnelle, caractérisée par une longue attente et par l'absence d'activités publiques. À cette étape, l'édification des structures et la formation théorique des cadres politiques et militaires prédominent. Ces structures doivent être édifiées selon une logique pragmatique et un organigramme très souple.

Deuxième étape

La seconde étape est celle de la radicalisation de l'agitation sociale, afin de hisser la violence créatrice des masses au niveau d'une conscience de classe lucide, organisée et efficace. Cette violence est la réponse des exploités à la violence organisée et légalisée par les exploiteurs. Le FLQ sensibilise les masses à l'ennemi commun et lui fournit les raisons et les moyens de se soulever en bloc contre le capitalisme, le colonialisme et l'impérialisme. Cette étape de la lutte révolutionnaire est caractérisée par les attentats à la bombe, les manifestations, les grèves et les occupations sporadiques et se poursuivra jusqu'à ce que l'agitation se généralise et culmine dans une crise économique, politique et sociale générale.

Troisième étape

La colère étant généralisée, l'organisation des exploités sur une vaste échelle devient possible et s'impose de fait. Cette étape de la révolution est cruciale, l'issue de celle-ci dépendant de la façon dont on organise le peuple. Le FLQ doit organiser les masses en comités locaux ou professionnels de libération, pour atteindre les objectifs fixés. Le rôle du FLQ est de leur fournir les instruments politiques et idéologiques dont ils ont besoin pour affronter l'ordre bourgeois, mais avant tout pour le détruire. Cette organisation doit s'effectuer directement en vue d'une insurrection populaire caractérisée par l'occupation armée des usines, des universités, des écoles, des services publics et du territoire national.

Quatrième étape

Un chemin encore plus long restera à parcourir, car la bourgeoisie locale et l'impérialisme n'assisteront pas passivement à leur dépossession. Alors commencera la phase la plus dure de la lutte, celle de l'affrontement armé entre le peuple et ses ennemis, inséparablement politique et militaire. Les masses seront effectivement prêtes à se soulever, descendant armées dans la rue : ce sera la guerre du peuple.

2.2 L'accession à l'indépendance par le Parti Québécois

Première étape

Quant à lui, le Parti Québécois, lorsqu'il ne sera pas au pouvoir, et d'ici à ce qu'il forme le prochain gouvernement, va promouvoir le projet d'un Québec souverain. Ainsi, à cette première étape, il s'impliquera à démontrer concrètement les avantages de la souveraineté.

Deuxième étape

Dès qu'il sera élu, un gouvernement issu du Parti Québécois aura la responsabilité d'enclencher le processus menant à la souveraineté. Parallèlement, une commission constitutionnelle sera réunie pour étudier et évaluer les diverses options qui s'offrent à un Québec souverain quant au fonctionnement de ses institutions. Alors, un projet de constitution, qui inclura une déclaration de souveraineté, sera ainsi préparé en consultation étroite avec la population et les groupes les plus représentatifs de la société.

Troisième étape

L'étape suivante, celle du référendum, est sans doute la plus difficile. Dans les meilleurs délais, le gouvernement demandera à la population de se prononcer, par voie de référendum, sur la souveraineté du Québec et les dispositions d'ordre constitutionnel permettent au Québec d'exercer sa souveraineté. Le référendum sera l'acte de naissance du Québec souverain.

Quatrième étape

La proclamation de la souveraineté sera d'abord précédée d'une offre formelle de partenariat économique et politique avec le Canada. Il pourrait être établi un comité d'orientation et de surveillance des négociations, relatives au traité de partenariat, formé de personnalités indépendantes nommées par le gouvernement.

« La proclamation de la souveraineté peut-être faite dès que le traité de partenariat aura été approuvé par l'Assemblée nationale ou dès que cette dernière aura constatée, après avoir demandé l'avis du comité d'orientation et de surveillance des négociations, que celles-ci sont infructueuses. » (2)

2.3 Différences entre l'accession par le Parti Québécois et le FLQ

Première étape

La première étape de l'accession à l'indépendance du Québec est très différente pour le FLQ et le Parti Québécois. En effet, de son côté, le Parti Québécois, avant de former le gouvernement, entend promouvoir le projet d'un Québec souverain, en démontrant les nombreux avantages de former un pays. Les felquistes, quant à eux, préfèrent édifier leurs structures et s'organiser, sans faire d'apparition publique, contrairement aux péquistes.

Deuxième étape

La seconde étape l'est autant. Alors que chez le Parti Québécois, la priorité porte sur la préparation pré-référendaire, suite à son élection, en organisant des consultations populaires, le FLQ radicalise l'agitation sociale, en sensibilisant les masses à l'ennemi commun et en lui fournissant les moyens et les raisons de se soulever, générant ainsi du mécontentement. De plus, pour le Front de libération du Québec, elle est caractérisée par les attentats à la bombe, les manifestations et par les grèves, principalement.

Troisième étape

La troisième étape s'avère critique pour les deux organisations, l'accession à l'indépendance en dépendant fortement. En effet, le Parti Québécois consulte les citoyens sur la souveraineté et le projet de constitution, lors d'un référendum. Malgré que le FLQ entre dans une phase cruciale, il organise plutôt le peuple, en groupant les révolutionnaires et en les préparant à l'action directe, pour renverser le pouvoir établi par tous les moyens.

Quatrième étape

L'étape finale est caractérisée par la rencontre des deux partis. Pour le Parti Québécois, il s'agit du Canada. Il lui propose des modes d'associations mutuellement avantageux pour ainsi conclure un traité de partenariat. Du côté felquiste, on affronte l'ennemi, notamment la bourgeoisie et le reste du Canada. C'est donc un affrontement armé, sans aucune négociation, contrairement au Parti Québécois, où on discute pour en venir à une entente avec le Canada.


Donc les principales étapes pour accéder à l'indépendance du Québec sont distinctes. En effet, le FLQ écarte l'électoralisme optant pour un renversement révolutionnaire de l'ordre établi, tandis que le Parti Québécois préfère la voie démocratique.

3. Le Québec après l'accession à l'indépendance

Le Front de libération du Québec et le Parti Québécois veulent se doter d'un pays. Ceux-ci ont des visions de ce que serait le futur Québec, sur le plan politique, social et économique.

3.1 Le Québec indépendant vu par le FLQ

Plan politique

En accédant à son indépendance, le Québec sera ainsi libéré de la domination politique étrangère anglo-saxonne et ce, sans avoir demander leur consentement. De plus, « les révolutionnaires felquistes et leurs sympathisants veulent établir au Québec une société où le pouvoir serait complètement diffusé et confié à tous les groupes, ou plus exactement au seul groupe légalement constitué : le prolétariat. » (3) Les révolutionnaires veulent donc détruire l'autorité existante pour former une société basée sur une autre distribution du pouvoir.

En effet, la lutte pour le renversement du capitalisme est inséparablement liée à la lutte pour l'indépendance du Québec. Le FLQ y instaurerait une véritable démocratie, le capitalisme étant remplacé par le socialisme, l'indépendance n'étant qu'un moyen d'y accéder.

Plan social

Ce socialisme, authentiquement québécois, correspondra parfaitement à la particularité nationale du Québec. Tous les Québécois participeront activement dans leur société québécoise. Ils prendront ce qui leur appartient et auront l'égalité des chances. Le Québec pourra ainsi lutter contre la misère et le chômage. Les travailleurs, les pauvres et les chômeurs pourront être libres et obtenir justice en leur pays le Québec et avoir des droits. En effet, la société d'exploitation, dirigée par les patrons sera maintenant libre, fonctionnant d'elle-même et pour elle-même, une société ouverte sur le monde. Il y aura aussi une révolution culturelle et le français redeviendra la langue nationale du Québec.

Plan économique

Le système économique actuel, s'appuyant sur des organismes utilisant des politiciens fantoches parlant français, ne sera pas maintenu. Les travailleurs québécois, libérés économiquement, pourront ainsi participer au pouvoir économique. Ce sera la lutte contre l'impérialisme américain et l'instauration de la libération économique, par le socialisme. En effet, les exploiteurs, que constitue la grande bourgeoisie dominée par les financiers anglo-américains, seront combattus. L'argent gagné au Québec doit y rester, en y réinvestissant les surplus.

3.2 Le Québec indépendant vu par le Parti Québécois

Plan politique

En accédant à sa souveraineté, tous les impôts perçus au Québec le seront par l'état québécois, toutes les lois s'appliquant au Québec émaneront de l'Assemblée nationale du Québec et tous les traités, conventions ou accords internationaux seront négociés par les représentants de l'état québécois et entérinés par cette même assemblée. La constitution du Québec sera la loi suprême du pays et celui-ci conservera son territoire intact, car le droit international et même la Constitution canadienne stipule que le territoire d'une province ne peut être modifié sans son consentement. De plus, le régime politique actuel ne sera pas modifié, du moins sans que la population ait été consultée. Le Québec continuera de vivre sous un régime démocratique, avec un Parlement constitué de représentants élus par la population.

Plan social

Le Québec souverain se préoccupera grandement de la question de l'emploi, de la lutte au chômage et de la définition de nouvelles stratégies en matière d'emploi. La qualité de vie des Québécois ne pourra que se maintenir sinon de s'améliorer, car selon l'ONU, celle-ci est basée sur le revenu, le niveau d'éducation et la qualité des soins. Or, ces deux derniers domaines relèvent déjà de la compétence du Québec. De plus, le Québec accordera une très grande place à la langue française, grâce à la Charte de la langue française.

Plan économique

Le Parti Québécois propose le maintien de l'espace économique canadien tel qu'il est, n'excluant pas que des améliorations pourraient y être apportées ultérieurement. Le Québec peut et continuerait à utiliser la monnaie canadienne, détenant près du quart de cette masse monétaire, représentant plus de 100 milliards de dollars canadiens. « La réalisation d'une union monétaire est tout autant dans l'intérêt du Canada, car si le Québec décidait plutôt de créer sa propre monnaie, les dollars canadiens détenus par les Québécois constitueraient alors une dette énorme du Canada envers nous. » (4) En effet, le Québec pourrait facilement créer lui-même sa propre monnaie.

3.3 Différences entre le Québec indépendant vu par le Parti Québécois et le FLQ

Plan politique

Sur le plan politique, pour tous les pays, l'indépendance signifie de percevoir ses impôts, voter ses lois et signer ses traités. Mais, le FLQ entend plutôt faire du Québec une république, centrée sur le socialisme, tandis que le Parti Québécois n'entend rien changer au régime actuel, sauf si les Québécois en décident. De plus, selon le FLQ, le Québec sera dirigé par la majorité, les travailleurs, et non par une minorité. Aussi, il ne discutera pas des termes de la séparation avec le Canada, contrairement au Parti Québécois.

« Croire que le Québec deviendra libre et indépendant avec la bénédiction des exploiteurs, prêcher pour la libération du peuple québécois sans l'organiser pour lutter victorieusement contre tous ses ennemis, c'est tout au plus se proposer comme opposition officielle sans remettre en question les causes véritables de notre exploitation, c'est déjà préparer les négociations en coulisse avec Ottawa et les USA. » (5)

Plan social

Pour le FLQ et le Parti Québécois, le français sera la langue du nouveau pays, travaillant pour que celle-ci ait sa place dans le monde, et il y aura une forte lutte contre le chômage et la pauvreté, s'efforçant de créer des emplois pour le peuple. En résumé, la qualité de vie ne peut que s'améliorer. Mais, le FLQ entend faire une révolution culturelle dans la nouvelle société québécoise et celle-ci devra automatiquement ne pas être sous l'emprise des patrons. Le désir de liberté et de non-exploitation des travailleurs correspondent très bien au socialisme que le FLQ veut construire au Québec.

Plan économique

Le Parti Québécois entend faire une association économique avec le Canada, le FLQ non, car il est un ennemi. Ainsi, ce dernier n'envisage nullement d'utiliser la monnaie canadienne, contrairement au Parti Québécois. Mais, celui-ci pourrait facilement opter pour la création d'une monnaie québécoise advenant un refus canadien. Ensuite, le FLQ veut libérer économiquement le Québec de toute emprise exercée par les exploiteurs, les capitalistes. Alors, le socialisme contribuerait nettement à cette dernière initiative, égalisant les différences sociales.


Donc, le FLQ et le Parti Québécois ont des visions différentes sur ce que serait le futur Québec indépendant. En effet, le FLQ voudrait complètement changer le système politique québécois, tandis que le Parti Québécois y apporterait certaines modifications.

Conclusion

Les visions du Front de libération du Québec et du Parti Québécois quant à l'indépendance du Québec sont indéniablement différentes. En effet, malgré quelques ressemblances de base, le FLQ propose d'accéder à l'indépendance du Québec d'une manière révolutionnaire, tandis que le Parti Québécois, à l'aide d'une démarche démocratique, le référendum. Ensuite, le Front de libération du Québec veut complètement changer le système politique québécois, en y instaurant le socialisme, pour éliminer l'exploitation des travailleurs. Le Parti Québécois, quant à lui, veut garder le même régime politique, à moins que les citoyens québécois en décident autrement, comme il en serait peut-être le cas avec l'instauration d'un système républicain, répondant mieux aux besoins des Québécois.

Cependant, suite à cette recherche, on pourrait se demander si le Front de libération du Québec accorderait autant d'importance au socialisme que dans les années 1960-1970, car, contrairement à cette époque, les Québécois, francophones, possèdent une plus importante part du capital, une classe moyenne s'y étant développée. En effet, le portrait socio-économique du Québec s'est considérablement modifié depuis les années soixante-dix. Les Québécois, dont les felquistes ont maintes fois dénoncé le statut de colonisés et d'opprimés, gèrent maintenant la majorité des institutions financières qui orientent la vie économique du Québec ainsi que l'administration des entreprises.

L'indépendance est au cœur de la vie quotidienne des Québécois. Mais, le gouvernement fédéral d'Ottawa semble vouloir mettre des bâtons entre les roues de ce processus simplement évolutif et normal de la société québécoise. En effet, tout récemment, le gouvernement fédéral a effectué un renvoi en Cour suprême sur le droit du Québec de déclarer unilatéralement son indépendance, donc de s'autodéterminer lui-même, niant ainsi le droit international.

Liste des références

1. Claude SAVOIE, La véritable histoire du F.L.Q., Montréal, Les Éditions du Jour, 1963, p. 44-45.

2. Projet de loi sur la souveraineté du Québec, Internet,
http://www.ncf.carleton.ca/ip/newspaper/ledroit/services/loi.pq

3. Gérard PELLETIER, La crise d'octobre 1970, Ottawa, Éditions du Jour, 1971, p. 61.

4. Parti Québécois, La souveraineté : pourquoi ? comment ?, Montréal, Éditions du Parti Québécois, 1990, p. 23.

5. Robert COMEAU et al., FLQ : un projet révolutionnaire, Outremont, VLB Éditeur, 1990, p. 142.

Bibliographie


1. Livres

COMEAU, Robert et al. FLQ: un projet révolutionnaire, Outremont, VLB éditeur, 1990, 275 pages.

FOURNIER, Louis, F.L.Q. Histoire d'un mouvement clandestin, Montréal, Éditions Québec/Amérique, 1982, 509 pages.

LACOURSIÈRE. Jacques, Alarme citoyens, Ottawa, Les Éditions de la Presse, 1972, 438 pages.

LAURENDEAU, Marc. Les Québécois violents, Montréal, Éditions Boréal., 1990, 345 pages

MORF, Gustave. Le terrorisme québécois, Ottawa, Les Éditions de l'homme, 1970, 219 pages

PARTI QUÉBÉCOIS. La souveraineté : pourquoi? comment?, Montréal, Éditions du Parti Québécois, 1990, 46 pages

PARTI QUÉBÉCOIS. Le Québec dans un monde nouveau, Montréal, VLB Éditeur, 1993, 91 pages

PELLETIER, Gérard. La crise d'octobre, Ottawa, Éditions du Jour Inc., 1971, 265 pages.

SAVOIE, Claude. La véritable histoire du F.L.Q., Montréal, Les Éditions du Jour, 1963, 120 pages.

2. Sites internet

PARTI QUÉBÉCOIS. http://www.pq.org

PREMIER MINISTRE DU QUÉBEC. http://www.premier.gouv.qc.ca

Projet de loi sur la souveraineté du Québec, http://www.ncf.carleton.ca/ip/newspaper/ ledroit/services/loi.pq



Jean-François Gauvin



Dernière modification : 12 décembre 2010

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