À Pierre Vallières et Charles Gagnon
Je vous salue clandestins et
militants, hommes
plus grands pour toujours que l'âge de vos juges
camarades,
votre pas dans les parages encore
incertains
de ces jours de notre histoire où vous alliez
touchant le fond âpre, l'étendue panique
et l'abandon des nôtres par qui nous savons
camarades,
comme arbres avec un arbre, mur avec
un mur
comme soufle dans le jour et nuit dans la nuit
parmi les révélations souterrraines de la colère
parmi le déferlement des compassions noueuses
avec la peur et l'angoisse tenues sous le regard
marqués par le scandale du dérisoire embrasement
de ceux qui changent la honte subie en dignité
et l'espérance a fini de n'être que l'espérance
camarades,
nombreux dans celui qui va seul au
rendez-vous
avec notre nom et notre visage pour le monde
chacun dans chacun n'étant plus divisé en soi