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Récit fictif sur la crise d'Octobre 1970


Introdution

L’histoire qui suit se déroule au Québec entre les années 1965 et 1970, c’est-à-dire tout juste après la Révolution Tranquille. Le personnage principal est né en 1950 et il se somme André Lavigne. André est issu d’une famille catholique non-praticante. À partir de 1969, il est étudiant à l’Université du Québec à Montréal en architecture pour poursuivre l’entreprise paternel. Sa mère, quant à elle, est professeure d’andragogie à l’UQAM depuis sa création, c’est-à-dire depuis 1968. Tout comme son père, André est passionné par tout ce qui touche la politique de son pays et de sa province. Depuis quelques années, la famille Lavigne habite sur une petite rue paisible du plateau Mont-Royal. La famille Lavigne menait une vie routinière jusqu’au moment où le Front de Libération du Québec entra en jeu. Cet évènement provoqua un brouhaha énorme au Québec et dans la famille Lavigne.

Chapitre I : Les origines de la crise d'Octobre 1970

Nous sommes le 1er novembre 1969 et André questionne son père sur les attentats commis par les felquistes, car la veille ils ont été devant le Parlement à Québec pour manifester contre le Bill 63, qui accorde le libre choix aux parents de la langue d’enseignement de leurs enfants. Son père commence par lui expliquer que les attentats commis par le FLQ sont des répercussions de l’oppression des anglophones sur les francophones. Il dit : « Nous les Québécois français, nous formons 80% de la population du Québec et selon le rapport de la Commission Laurendeau-Dunton on se retrouve au douzième rang sur 14, dans l’échelle des revenus. Ça n’a aucun sens, il est temps que quelqu’un s’en charge ! ».

Pierre, le père d’André, continu dans sa lancée et explique à son fils les premiers attentats commis par le FLQ lors des grèves dans l’industrie minière : « Nous sommes en 1965, le Parti libéral de Jean Lesage est au pouvoir. Pour faire parler d’eux, les Felquistes se sont associés avec des Noirs américains pour dynamiter des monuments à Washington. Puis par la suite, ils ont posé plusieurs bombes dans des boîtes aux lettres et un peu partout sur des édiffices appartenant à des anglophones ». André questionne son père en lui demandant « pourquoi des boîtes aux lettres ? ». La réponse de son père ne se fait pas attendre : « Mon gars, c’est parce que les boîtes aux lettres sont de juridiction fédéral et que le FLQ conteste aussi les décisions du gouvernement fédéral.».

André est encore au secondaire lorsque les premières grèves sont déclenchées au Québec. En effet, plusieurs grèves font rages dans le secteur de l’industrie minière. Pierre explique à André les nombreuses grèves qui ont eu lieu entre 1966 et aujourd’hui : « La première grosse grève a frappée la Dominium Ayers en 1966. Cette compagnie est la propriété de la riche famille Ayers de Lachute. La grève dura quatre mois et le FLQ y déposa une bombe. La deuxième fut celle de l’usine d’embouteillage Seven-Up, celle-ci dura 13 mois. Il eu d’ailleurs plusieurs interventions de la police si je me souviens bien et les Felquistes ont déposé deux bombes, une chez le directeur et l’autre à l’usine. La troisième a eu lieu à la Victoria Precision au début de 1968. Le pire c’est que tous les employés ont été renvoyés après le conflit, c’est dégueulasse. La dernière fut celle de la Domtar Pulpe and Paper en 1968 et entre 1968 à 1970, le FLQ y déposa trois bombes ». Toutefois son père n’a pas à lui rappeller la Saint-Jean Batiste de 1968. Le défilé avait tourné à l’émeute et Pierre-Elliot Trudeau se faisait lancer des projectiles.

Chapitre II : L'enlèvement de James Richard Cross

Le 5 octobre, André n’a pas encore le temps de mettre le pied chez lui que son père lui dit : « Tu sais quoi ? Le FLQ a enlevé un attaché commercial britannique nommé James Richard Cross. Ils vont surement le remontrer au nouvelle de ce soir.» Le soir arrivé, André et son père sont rivés devant la télévision pour en savoir plus sur l’enlèvement de James Cross. Ils apprennent que le FLQ a fait parvenir un premier communiqué contenant 7 demandes et le Manifeste du FLQ.

Le 6 octobre, André revient de l’université avec la ferme intention de passer la soirée devant son téléviseur pour en savoir davantage sur l’enlèvement. Il entend que le FLQ a fait parvenir deux communiqués à la station de radio CKAC. Le premier donnait un délai de 24 heures, la menace d’exécuté M. Cross et une lettre de celui-ci. Le deuxième contient la preuve que James Richard Cross est toujours vivant et une deuxième lettre de Cross à sa femme.

Le lendemain, André n’a pas la chance de regarder la télévision pour savoir ce qui s’est passé durant la journée, car il a un examen à préparer pour le lendemain. Il entend juste que le FLQ a fait parvenir le communiqué no 4 à la station CKLM. Le communiqué contenait un nouveau délai de 24 heures, deux autres lettres de Cross et les Felquistes exigeait que le Manifeste soit lu sur les ondes de Radio-Canada. Il entend aussi que le Ministre fédéral des affaires extérieures Mitchell Sharp a donné son accord pour que le Manifeste soit lu à la télévision.

Le 8 octobre, lorsque André, bien content que son examen se soit très bien passé, entre chez lui il va immédiatement au téléviseur pour se mettre aux nouvelles. Il entend que la soirée d’hier fut très mouvementé. « Les policiers de Montréal ont fait la grève, ce qui a nécessité l’intervention de l’armée, car des centaines de manifestants ont pris d’assaut les garages de la compagnie de transport de passagers Murray Hill. Toutefois les manifestants se heurtèrent à des gardes armés qui ouvrient le feux. Des dizaines de manifestants furent blessés et un policier en civil fut tué. » Il entend aussi que Pierre Pascau de CKLM a reçu le communiqué no 5. Ce communiqué donne un nouveau délai, jusqu’à minuit pour que les exigences du FLQ soient satisfaites. Il est rendu 22h30, André et son père sont rivés devant leur téléviseur pour la lecture du Manifeste sur les ondes de Radio-Canada par Gaétan Montreuil.

Nous sommes rendu à la cinquième journée, le communiqué no 7 est rendu public. Le FLQ dit que l’exécution de Cross est suspendu temporairement et que seulement deux des sept demandes sont maintenues.

Le 10 octobre, c’est la fête à André, toute sa famille est réunie chez les Lavigne. À 18 heures, tout le monde cours vers la télévision, car l’ultime délai du FLQ se termine à ce moment. Ils entendent la conférence du Ministre québécois de la Justice Jérome Choquette. Il dit que les gouvernements ne sont pas disposés à libérer les prisonniers politiques.

Nous sommes rendu le 12 octobre, Pierre vient voir André dans sa chambre, car un autre communiqué vient de parvenir à CKLM. « Les felquistes ne savent plus quoi demander, ils bluffent, ils redemandent la même chose que le précédant », dit son père

Le 14 octobre, le communiqué no 9 réclame l’arrêt des perquisitions. Les négociations entre le gouvernements et le FLQ reprennent de plus belle.

Quatre jours plus tard, les photos de Paul Rose et de Marc Carbonneau sont diffusées à la télévision et un mandat d’arrestation est émis contre eux. En plus de ça, André entend que le FLQ a envoyé un autre communiqué qui contient deux autres lettres de Cross. Le mercredi soir suivant, c’est-à-dire le 21 octobre, André entre chez lui et remarque aux nouvelles que la CSN, la FTQ et la CEQ dénoncent les actions du FLQ et celles des policiers.

Le 25 novembre, les autorités découvrent le 10945 des Récollets où est détenu James Cross. Ce n’est qu’une semaine plus tard, qu’André entend que Cross est libéré et un mois après qu’André et son père entendent à la télévision que Jacques Cossette-Trudel et sa copine se sont fait arrêter.

Chapitre III : L'enlèvement de Pierre Laporte

André est en train de souper lorsqu’il entend que le Ministre du travail, Pierre Laporte est enlevé suite à la réponse négatives des gouvernements. Il voit aussi à la télévision que Daniel McGinnis de CKAC a découvert le communiqué no 1 de la cellule Chénier qui dit que Pierre Laporte a été enlevé conformément au plan no 3 et qu’il sera exécuté dimanche soir à 10h si les demandes du FLQ ne sont pas satisfaites. Il entend aussi que le FLQ a fait parvenir deux autres communiqués : le premier donne un ultimatum aux gouvernements et contient une lettre de Laporte à sa femme, le deuxième contient une autre lettre de Laporte, mais celle-ci est destinée au premier Ministre du Québec Robert Bourassa.

Le 12 octobre en entant de l’école par une chaude journée d’octobre, André s’installe devant la télévision pour se mettre aux nouvelles. Il entend que la cellule Chénier a fait parvenir deux autres communiqués. Le premier contient une deuxième lettre de Laporte à Bourassa et dans l’autre, il y a une lettre de Laporte destinée à sa femme.

Nous sommes rendu le 17 octobre et André revient de voir un film avec ses amis. Il est environ 10h et son père lui saute presque dessus pour lui dire que Pierre Laporte vient d’être exécuter par la cellule Chénier. Alors André et son père s’installe devant le téléviseur pour en savoir plus et vers minuit il entendent que le corps de Pierre Laporte est découvert près de la base de Saint-Hubert sur la Rive-sud de Montréal.

Ce n’est que trois jours plus tard qu’on lieu les funérails de Laporte. Pendant ce temps, André entend à la télévision que la maison où a été séquestré Pierre Laporte a été découvert la nuit dernière. Le 21 octobre le rapport d’autopsie est rendu public et il dit que Pierre Laporte serait mort par strangulation. Lorsque les Lavigne apprennent cette nouvelle, ils se lancent dans les questionnements : « Est-ce que Laporte a été tué ? Ou est-ce bien un accident ? » Selon André, le FLQ n’aurait pas tué Laporte, parce qu’à son avis les Felquistes ne sont pas des meurtriers. Après quelques minutes d’argumentation son père fini par être d’accord avec son fils. Ce n’est que le 7 novembre qu’André entend parlé que les autorités ont arrêté Lortie au 3720 Chemin de la Reine Marie. Pour ce qui est des autres membres de la cellule Chénier, ils seront arrêté le 28 décembre.

Chapitre IV : La Loi des Mesures de Guerre

Le vendredi 16 octobre, quatre jours après que 500 soldats soient débarqués à Ottawa, André se lève pour aller à l’université, lorsqu’il entend à la télévision que la Loi sur les mesures de guerre vient d’être promulguée. Sur le coût André se demande bien ce que peut être cette loi, alors il va réveiller son père pour lui annoncer la nouvelle et lui poser la question. « Quoi la Loi sur les mesures de guerre vient d’être adopter ! Ça mon gars c’est une des pires lois gouvernementales. Cette loi donne droit aux autorités d’arrêter n’importe qui sans mandat juste si la police pense que cette personne fait partie ou apporte du soutiens au FLQ. La police a aussi le droit de faire des perquisitions chez qui elle veut, encore sans mandat. Et ce qui est le pire c’est qu’elle peut détenir un individu en l’attente de procès et cette personne n’a pas le droit d’être relâchée sous caution. »

André est bien intriqué par cette loi, alors au lieu d’aller à son cours de dessin, il s’empresse d’aller à la bibliothèque pour en savoir plus sur la Loi des mesures de guerre. Une fois le livre trouvé, il se met à le lire à la vitesse de l’éclair et il se rend compte que son père avait raison que cette loi donne presque tous les pouvoirs imaginables aux autorités. Il remarqua aussi que son père avait omis de lui mentionner quelque chose. C’est que le procès de la personne arrêtée n’aura pas lieu avant les 90 jours suivant son arrestation. Il se dit alors : « La police pourrait entrer chez moi saisir tous mes biens juste parce qu’il pense que je fais parti du FLQ ou bien parce que je leur ai déja apporté mon aide. Ça n’a aucun sense. C’est là qu’on reconnait le gouvernement fédéral. »

Il remarqua aussi que cette loi fut adoptée en 1914 sous le gouvernement Borden pour aider le gouvernement canadien à faire face aux besoins d'une guerre, permettant à la police de rechercher ou d'arrêter n'importe qui, sans raisons précises et ni avertissement. Elle fut utilisée en 1918 lors de la prohibition de l'alcool sur le territoire canadien et lors de la deuxième Guerre Mondiale, pour contrôler les entreprises et les prix pour un meilleur effort de guerre.

Le soir venu, André et son père sont assis devant le téléviseur lorsque Pierre-Elliot Trudeau justifie l’application des mesures de guerre en disant : « qu’il y a belle et bien une situation d’insurrection appréhendée. Parce que des terroristes se sont attaqués à la liberté et à l’unité du pays. »

Conclusion

Nous sommes le 25 décembre, André et toute sa famille sont réunis pour la fête de Noël. André entame une discution avec son père et son oncle sur le bien fondé de l’application de la Loi sur les mesures de guerre. « Je ne crois pas qu’il y ait eu une véritable insurrection apprehendée, le fédéral a fait gonflé le nombre de terroristes, il y en avait 3000 selon le ministre québécois de la justice Rémi Paul, pour faire promulguer la loi. Je crois que c’est Parizeau qui a dit qu’Ottawa a profité de l’affaire Cross-Laporte pour engager l’affrontement avec le Québec. Je suis en accord avec lui, les mesures de guerre n’ont rien avoir avec le FLQ, du moins pas autant que nous le croyons. »

 

Renaud Lavoie