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Les felquistes et la crise d'Octobre 1970


Introduction

Au cours de la Révolution tranquille, dans les années soixante, plusieurs mouvements indépendantistes virent le jour. Parmi ceux-ci, le Front de Libération du Québec, une organisation clandestine composée d'individus prêts à tout pour accéder à l'indépendance totale du Québec. Ce sont eux qui causèrent la plus importante crise de notre histoire : la crise d'Octobre 1970. En effet, les felquistes enlevèrent MM. James Richard Cross et Pierre Laporte. Pour contrer cette offensive, les différents corps policiers durent se déployer. Dès le début des années soixante, ils avaient formé des escouades et des sections pour la lutte antiterroriste. Ce fut donc à la Gendarmerie Royale du Canada, à la Sûreté du Québec et à la Police de Montréal de faire face à la situation.

En effet, la police effectuait les recherches. Mais, les kidnappeurs demeurèrent introuvables. Donc, pourquoi les felquistes ont-ils pu fuir durant la crise d'Octobre 1970 ? C'est grâce à l'inefficacité policière que les felquistes ont pu fuir, durant la crise d'Octobre 1970.

Afin de prouver mon hypothèse, je développerai trois aspects. En premier lieu, j'étudierai les felquistes, groupés dans le FLQ, ayant déclenchés la crise d'Octobre. Par la suite, j'analyserai l'inefficacité policière durant la crise d'Octobre 1970. Finalement, j'examinerai la fuite des felquistes, qui fut facilitée par l'inefficacité policière.

1. Les felquistes

Les felquistes ont causé la plus importante crise de l'histoire du Québec, en Octobre 1970. En effet, ils enlevèrent MM. James Richard Cross, diplomate anglais, et Pierre Laporte, ministre du travail et de l'immigration. Mais, en 1970, les felquistes n'en était pas à leur première manifestation violente.

1.1  Les fondateurs

Georges Schoeters

« À cause de son âge, de son expérience de la vie, de sa supériorité intellectuelle, c'est le Belge Georges Schoeters qui doit être considéré comme le père du FLQ (1). » Né le 22 avril 1930 à Anvers, Georges Schoeters immigra au Canada en 1951. Il s'inscrivit à des cours d'économie politique et de sociologie à l'Université de Montréal, en 1953, où il fut en contact avec des étudiants activistes et extrémistes. Les idées de Schoeters se mirent à faire du chemin. En 1958 et 1959, il fit un voyage en Algérie et deux à Cuba. Il reviendra fort bien équipé au Québec pour y importer la révolution. En 1962, il quitta une fois de plus le pays, pour la Tunisie. En 1963, il revient au Canada, où il était devenu plus discret, demandant qu'on le laisse tranquille, affirmant qu'il se moquait de ces histoires de séparatisme. Mais, il devint membre du Rassemblement pour l'indépendance nationale (R.I.N.), puis du Réseau de résistance (R.R.) et du FLQ. De ses voyages, il avait apporté des instructions pour la confection de cocktails Molotov et de bombes à retardements. Après avoir été arrêté en 1963, il fut libéré en 1966. Il se rendit alors compte que le Québec n'était pas prêt à être libéré, bien qu'il croyait sincèrement à la nécessité et à l'avenir d'un Québec indépendant.

Raymond Villeneuve

À 19 ans, Raymond Villeneuve fut le plus jeune des fondateurs du Front de libération du Québec. Militant du R.I.N., il fraya dans les milieux de gauche de l'A.S.I.Q., puis s'inscrivit au Parti Social-Démocrate (N.P.D.). Puis, en 1962, il devint membre du R.R., écrivant des slogans aux murs. Exaspéré par le manque de succès du R.I.N. et du R.R., il veut passer aux actions directes et spectaculaires. C'est ainsi qu'après avoir rencontré Georges Schoeters et Gabriel Hudon au sein de ces deux dernières organisations, il recruta les premiers adhérents du FLQ. Arrêté en juin 1963, il fut reconnu coupable d'homicide involontaire. Puis, le 14 septembre 1967, il bénéficia d'une libération conditionnelle. Suite à des cours de sociologie, il redevint révolutionnaire. Ainsi, au début de 1969, il s'en va à Cuba, trahissant la confiance des autorités.

Gabriel Hudon

Né le 1er mars 1942 à Montréal, Gabriel Hudon, alias Roger Dupuis, était le troisième en importance dans le FLQ de 1963. En 1961, il militait au sein du R.I.N.. Très actif dans le FLQ de 63, il effectuait des vols de dynamite et était impliqué dans la plupart des actions violentes. Il se décrivait lui-même comme étant socialiste, mais d'abord indépendantiste. À l'instar des premiers militants du FLQ, il croyait que les Québécois devait d'abord se donner un pays s'ils voulaient y implanter le socialisme. De plus, il pensait que le FLQ devait mener une action parallèle au R.I.N., en sachant que l'indépendance serait faite par un parti légalement constitué. Cependant, il fut condamné, le 7 octobre 1963, à 12 ans de pénitencier et 5 ans pour chacun des neuf attentats contre des édifices. Libéré sous condition le 11 décembre 1967, il a toujours observé les conditions de sa libération.

1.2  Le FLQ

Les origines du FLQ

Trois mois après l'élection de Jean Lesage, en 1960, le Rassemblement pour l'indépendance nationale (R.I.N.) voit le jour. Ainsi, les trente membres fondateurs se réunirent, le 10 septembre, pour établir les bases du premier mouvement qui assurerait le décollage politique du projet de souveraineté du Québec. À gauche du R.I.N., se trouvait l'Action socialiste pour l'indépendance du Québec (A.S.I.Q.), fondé le 9 août 1960. Le projet d'indépendance socialisme popularisé par ce groupe aura une forte attraction sur le FLQ et le mouvement révolutionnaire des années soixante. Certains des jeunes gens faisant partie de l'A.S.I.Q. seront d'ailleurs parmi les premiers militants du FLQ. Plus tard, le 31 octobre 1962, fut fondé secrètement le Comité de libération nationale, par quatre jeunes militants du R.I.N.. Ce comité recrutera une vingtaine de militants, mais certains d'entre eux, impatients de passer à l'action directe se retrouveront dans le Réseau de résistance, puis le FLQ. En effet, en novembre 1962, fut formé le Réseau de résistance (R.R.), un groupe clandestin, par des militants du R.I.N.. Ceux-ci voulaient mettre au point des moyens d'actions plus radicaux, spectaculaires, pour stimuler la cause de l'indépendance. La majorité s'opposant à la violence, ils étaient prêts à recourir à des formes d'action directe. Mais plus tard, certains voulaient absolument aller plus loin que le barbouillage, les manifestations et les affrontements avec la police. Ainsi, le 23 février 1963, un cocktail Molotov fut jeté dans le poste de radio anglophone CKGM. L'attentat fut signé R.R. « C'est l'escalade. Le Réseau de résistance va se dissoudre, dépassé par les événements, tandis que son aile radicale crée un nouveau mouvement : le Front de Libération du Québec (2). »

Les débuts du FLQ

Ainsi, c'est en février 1963 que le FLQ fut fondé, par trois militants du R.I.N. s'étant connus au sein du Réseau de résistance. De plus, les premiers adhérents, environ une quinzaine, étaient presque tous des militants du R.I.N. ou de l'A.S.I.Q., et se connaissaient à peu près tous. Le contact fut rapidement établi avec le Comité de libération nationale, mais leur dirigeant préféraient attendre avant de passer à l'action directe. Ensuite, Raymond Villeneuve entra en contact avec un noyau de militants du Réseau de libération, venant de se former, et celui-ci passe au FLQ. L'un des facteurs qui précipitera l'entré en action du FLQ, c'est que le Québec est en pleine campagne électorale fédérale. Ainsi, dans la nuit du 7 au 8 mars, le FLQ frappa pour la première fois. Il attaqua trois casernes militaires, avec des bombes incendiaires. Dans son premier communiqué, le mouvement déclara : « L'indépendance du Québec n'est possible que par la révolution sociale (3). »

Les étapes stratégiques du FLQ

« Le Front de libération du Québec est un mouvement révolutionnaire composé de volontaires prêts à mourir pour l'indépendance politique et économique du Québec (4). » La guerre du FLQ comportait trois grandes étapes stratégiques. Premièrement, la radicalisation de l'agitation sociale spontanée, sa politisation et son organisation. Cette étape, essentiellement politique, avait pour but de hisser la violence créatrice des masses au niveau d'une conscience de classe lucide, organisée et efficace. Le FLQ devait mener une foule de combats partiels qui, peut à peu, sensibiliseraient les masses à l'ennemi commun et leur fourniraient les raisons et les moyens de se soulever en bloc contre le capitalisme, le colonialisme et l'impérialisme. Ensuite, la colère étant généralisée, l'organisation des exploités devenait possible et s'imposait. Le FLQ devait organiser les masses en comités locaux ou professionnels de libération. L'organisation des exploités devait s'effectuer en vue d'une insurrection populaire, caractérisée par l'occupation armée des usines, des universités, des écoles, des services publics et du territoire national. Enfin, suivait la phase la phase la plus dure de la lutte, celle de l'affrontement armé entre le peuple et ses ennemis, qui était politique et militaire.

1.3  La crise d'Octobre 1970

L'affaire Cross-Laporte

Le lundi 5 octobre 1970, le diplomate anglais James Richard Cross fut enlevé à son domicile, par la cellule Libération du FLQ. « Ce kidnapping de nature politique, le premier à survenir en Amérique du Nord, va déclencher une crise sans précédent au Québec et au Canada. La loi des mesures de guerre sera proclamée pour la première fois en temps de paix et l'Armée canadienne occupera le Québec (5). »Le samedi 10 octobre 1970, le FLQ, cette fois-ci la cellule de financement Chénier, kidnappa le ministre de l'immigration et du chômage Pierre Laporte. Le 17 octobre suivant, on retrouva son corps, inerte, dans le coffre d'une voiture abandonnée. Plus tard, le 3 décembre, la police découvrit enfin le lieu de séquestration de M. James R. Cross. Le FLQ libéra le diplomate en échange d'un sauf-conduit vers Cuba. Tandis que la cellule Chénier serait découverte beaucoup plus tard.

La cellule Libération

La cellule Libération était constituée de plusieurs membres. Tout d'abord, celui considéré comme le chef, Jacques Lanctôt. Âgé de vingt-quatre ans, il était chauffeur de taxi à Montréal. Ensuite, sa femme, Suzanne Lanctôt, âgée de vingt et un ans. Il y avait aussi Louise Lanctôt, la soeur de Jacques, et son mari, Jacques Cossette-Trudel, tous les deux âgés de vingt-deux ans. Un autre chauffeur de taxi, Marc Carbonneau, âgé de trente-sept ans, faisait aussi partie de cette cellule. Il avait rencontré Jacques Lanctôt en 1969, lors de la manifestation contre la Murray Hill. Yves Langlois, alias Pierre Séguin et âgé de vingt-deux ans, était le spécialiste des faux documents de la cellule. Finalement, Nigel Hamer, vingt-deux ans et diplômé à McGill, qui fonda la cellule d'information Viger en plein coeur de la crise. En effet, leur appartement de la rue des Récollets était bondé et il fallait qu'une personne le quitte.

La cellule de financement Chénier

L'autre cellule ayant participé à la crise d'Octobre 1970 fut la cellule de financement Chénier, ou cellule Chénier, enlevant le ministre Laporte. Le chef de ce groupe était Paul Rose, âgé de vingt-sept ans et très bon ami de Jacques Lanctôt. En effet, ils formaient ensemble le réseau Lanctôt-Rose du FLQ, jusqu'en septembre 1970. Ensuite, il y avait son frère, Jacques Rose, vingt-trois ans, ami de Colette Therrien, et Francis Simard, vingt-trois ans. Celui-ci avait participé, en compagnie des frères Rose, à la fondation de la Maison du Pêcheur, à Percé, en juillet 1969. Finalement, Bernard Lortie, un jeune étudiant gaspésien de 19 ans, ayant rencontré le reste du groupe à la Maison du Pêcheur.

Les felquistes étaient des personnes prêtes à tout pour accéder à l'indépendance du Québec. Ils se battaient pour tout un peuple : les Québécois. Mais, on ne saura jamais tout sur eux, car ils étaient dans un mouvement clandestin.

2.  L'inefficacité policière durant la crise d'Octobre 1970

Les différents corps policiers ont été très présents durant la crise d'Octobre 1970, étant chargés de l'enquête. Mais, ils ont parfois, même souvent, commis des négligences, étant inefficaces.

2.1  Les forces policières durant la crise d'Octobre 1970

La sûreté du Québec

L'enquête policière sur l'enlèvement de Pierre Laporte fut conduite par la Sûreté du Québec. Après avoir été confié en parti au bureau des crimes contre la personne et en partie au service de sécurité le 10 octobre, elle fut confiée définitivement à la section des homicides le 17 octobre, au moment de la découverte du cadavre. En effet, le rôle de coordonner les opérations fut confié à la Sûreté du Québec, par suite de la proclamation de l'état d'insurrection appréhendée. Autrement dit, la S.Q. était responsable de celles-ci. Mais, elle était dépendante de la Gendarmerie Royale du Canada (G.R.C.) et de la Police de Montréal dans ces opérations, qui dépassaient le niveau de l'enquête policière normale.

La Section Antiterroriste de la Police de Montréal

Dans les premiers jours de la crise d'Octobre, la section antiterroriste de la Police de Montréal (S.A.T.) fut chargée de l'enquête pour retrouver M. Cross. À l'époque, cette section comptait douze enquêteurs, deux lieutenants et un capitaine. Au début de la crise, il y avait environ quarante-cinq policiers qui y était affectés, pour atteindre le nombre de cent au plus fort de la crise. Mais, ces nouveaux effectifs n'étaient pas entraînés à la lutte antiterroriste. Les membres réguliers de la S.A.T., eux, n'avaient qu'une certaine expérience dans le désamorçage des bombes et dans la répression d'autres activités terroristes portant atteintes à la propriété.

L'escouade combinée antiterroriste

La Combined Antiterrorist Task Force (C.A.T.), ou escouade combinée antiterroriste, était un groupe policier d'élite, composé de membres de la G.R.C., de policiers provinciaux et de membres de la Sûreté de Montréal. Ces policiers étaient connus sous le nom de combatteurs. Cette escouade fut responsable de l'enquête Cross-Laporte en octobre, novembre et décembre 1970. Elle était composée d'un noyau d'une trentaine de limiers hautement qualifiés pour faire face aux activités terroristes. Parmi eux, une vingtaine provenait de la Police de Montréal.

2.2  Les recherches policières

Les enlèvements de M.M. Cross et Laporte

Lors des deux enlèvements, ceux de Cross et de Laporte, la police installa d'énormes dispositifs de sécurité tout autour de la ville de Montréal, bloquant ponts et tunnel, mais les recherches furent rapidement abandonnées. En effet, le FLQ lui avait échappé. À l'aube du 7 octobre, la police lança une première rafle qui lui permettra d'appréhender Réal Michon et Georges Campeau. Peu de temps auparavant, elle avait reçu d'un informateur une liste de cinq ravisseurs potentiels : Jacques Lanctôt, Nigel Hamer, Gilles Cossette, Réal Michon et Georges Campeau. « Mais Nigel Hamer, qui habite avec Michon, n'est pas sur la liste prioritaire et ne sera pas arrêté ni même interrogé. C'est pourtant le seul des ravisseurs de Cross que la police pourrait repérer mais les responsables de l'enquête ne croient pas que Hamer puisse être dans le coup, tout simplement. Il s'agit là d'une des plus graves erreurs policières survenues durant la crise (6) . »

Le lieu de détention de M. Laporte

Le 13 octobre 1970, la police prit Paul Rose en filature, mais perdit sa trace, à deux reprises. Le 14 octobre, elle passa plusieurs fois devant une maison de la rue Armstrong. Plusieurs policiers sortirent de leur voiture, en courant, pour effectuer une descente, sans grand succès. Il s'avérera plus tard que les voisins des habitants de cette maison étaient les membres de la cellule Chénier. En effet, le 19 octobre, suite à un appel téléphonique, la police découvrit le domicile de cette cellule. La police n'avait pas permis la diffusion de la photo de Paul Rose, à la télévision, avant le 18 octobre. Mais, la maison était inoccupée. « On peut se demander alors ce qui serait arrivé si les autorités policières québécoises avaient accepté de diffuser la photographie de M. Paul Rose dès le jeudi précédent la mort de M. Laporte (7). »

L'arrestation des membres du FLQ

Le 6 novembre 1970, la police arrêta Bernard Lortie, alors qu'elle effectuait une perquisition de routine à un appartement du chemin Queen-Mary. Le 7 novembre, des policiers découvrirent, en revenant de souper, que certaines personnes s'étaient enfuies de cet appartement : les frères Rose et Francis Simard. Ces policiers n'avaient laissé aucun poste de surveillance devant l'appartement. Le 25 novembre, la G.R.C. localisa l'endroit du nouveau refuge des felquistes, mais décida de ne pas intervenir tout de suite, n'installant qu'un poste d'observation. Ce ne fut que le 22 décembre que la S.Q. effectua une première descente à cet endroit, une maison à Saint-Luc, pour ainsi arrêter les felquistes à la troisième tentative, le 28 décembre. La G.R.C. n'avait jamais transmis le lieu de la cachette à la S.Q., chargée de l'enquête, ce qui explique le délai d'un mois entre la découverte du lieu et l'arrestation des trois derniers membres de la cellule Chénier.

2.3  Les causes de l'inefficacité policière

La désuétude des dossiers

Au début de l'année 1970, la police avait fait échouée deux tentatives d'enlèvements, par le FLQ. Elle aurait donc pu s'attendre à une récidive. Mais, les services de sécurité des corps policiers, faute d'une mauvaise analyse du contexte sociopolitique de l'époque, n'avaient pas vu dans ces tentatives l'inauguration d'une nouvelle période de terrorisme. Les dossiers de renseignements n'étaient pas à jour, en prévision d'une éventuelle crise. Donc, les policiers se retrouvèrent, en Octobre 1970, avec des dossiers périmés. C'est ainsi que les policiers dirigèrent leurs recherches sur d'anciens sympathisants du FLQ. « Cette désuétude des dossiers de renseignements est assurément une cause importante des difficultés qu'ont eues les forces policières à faire face à la crise d'Octobre (8). »

La méthode d'enquête

L'échec de leur action est avant tout dû à la méthode d'enquête adoptée. En effet, il fut décidé au départ de vérifier systématiquement toutes les informations provenant du public, parvenant aux services de renseignements. Celles-ci affluaient au rythme d'environ deux mille par jour. Donc, certaines informations valables furent noyées dans une masse de renseignements plus ou moins sérieux. De plus, cette méthode exigeait d'énormes effectifs. C'est pour cela qu'on fit appel à l'armée, pour libérer les policiers chargés de la garde d'édifices et ainsi les affecter aux recherches.

L'inexpérience policière

Les corps de police québécois ont été appelés, à parti de 1963, à assumer des tâches relevant plutôt d'organisations policières spécialisées dans d'autres pays. Cette situation donna lieu à des confits entre divers services d'un même corps policier et à des rivalités entre les corps policiers eux-mêmes. Ces tensions, de même que la relative inexpérience des corps policiers en matière d'enlèvements politiques, contribuèrent à diminuer de façon sensible l'efficacité des enquêtes conduites pour retrouver les otages. Cette situation confuse explique également en partie le désarroi des policiers lors de la crise d'Octobre et leur inaptitude à empêcher cette crise de se développer. En octobre, les membres de la S.A.T. ne suffirent pas à la tâche, qui fut progressivement assumée par des policiers qui n'avaient aucune expérience dans la lutte antiterroriste. L'enquête conduite par la Police de Montréal dégénéra vite en une improvisation désordonnée, qui se transforma en chaos après l'enlèvement de Pierre Laporte.

Donc, la police eue un comportement inexplicable, marqué par un amateurisme inattendu, pendant la crise d'Octobre 1970. On peut aussi dire que les différents corps policiers n'étaient tout simplement pas prêt à faire face à une répression d'envergure, malgré qu'il existait des organisations pour lutter contre le terrorisme.

3.  La fuite des felquistes

Parmi les cellules felquistes ayant participé activement à la crise d'Octobre, une seule s'est vue obligée de fuir : la cellule Chénier. En effet, les membres de celle-ci ont du se réfugier à plusieurs places différentes.

3.1 Le 5630, rue Armstrong, à Saint-Hubert

L'enlèvement de M. Pierre Laporte

Le 10 octobre 1970, la cellule Chénier enleva le ministre Pierre Laporte. Les felquistes le firent monter à bord de leur voiture Chevrolet et lui bandèrent les yeux, pendant qu'ils repartirent en vitesse. Après s'être éloignés de la maison, ils s'arrêtèrent à un feu rouge d'une intersection. C'est alors que, devant eux, une voiture de police arriva. Elle s'arrêta au feu rouge. Soudainement, les policiers devinrent nerveux et excités. Les felquistes déduisirent que l'alerte venait d'être donnée. Lorsque le feu devint vert, Paul Rose n'a que le temps de démarrer aussi vite qu'il le peut sans paraître suspect. C'est alors que les policiers, après avoir traversé le feu vert, fermèrent la rue avec leur voiture. Les autres voitures se trouvant derrière la Chevrolet ne purent passer. Une seconde de plus et ils se faisaient prendre. Ensuite, furent bloqués tous les accès à la ville de Montréal, établis des barrages routiers partout et effectuées des vérifications d'identité sur les grands axes. Mais, les felquistes échappèrent à la police, parvenant à leur domicile du 5630, rue Armstrong, à Saint-Hubert.

La filature de Paul Rose

Le 13 octobre 1970, Paul Rose quitta la maison, pour aller déposer un communiqué. Vers dix heures, il se fit repérer par des policiers à la station de métro Longueuil, mais les sème. À midi, il se fit de nouveau repérer, lors du retour à cette même station. Il monta ensuite à bord d'un autobus, puis redescendit. Les deux policiers firent de même. Donc, les trois personnages étaient sur le bord de la rue. Mais les policiers ne l'arrêtèrent pas, croyant que Rose allait les mener tout droit au lieu de séquestration de M. Laporte. C'est alors qu'il se rendit sur la Rive-Sud, au 1191, rue Saint-Alexandre, à ville Jacques-Cartier, chez Fernand Venne, un militant du R.I.N. Le soir, Paul décida de partir et se dit qu'il fallait qu'il mette toutes les chances de son côté, en essayant de ne pas se faire reconnaître. Il modifia l'apparence extérieure de ses joues et de son menton, à l'aide d'une broche repliée placée dans sa bouche. Il prit ensuite une brique et s'en donna de solides coups sur les arcades sourcilières et le nez. En quelques minutes, son visage boursoufla. Vers vingt heures, la voiture de M. Venne quitta le domicile de la rue St-Alexandre, avec Rose à bord. Un policier s'y approcha, mais ne procéda pas à l'identification formelle de ses passagers, et retourna à son poste d'observation. Quelques minutes plus tard, Paul Rose se retrouva seul, sans policiers derrière lui. Il se rendit ensuite chez Louise Verreault, au 6685, rue Saint-Denis et ne retournera plus sur la rue Armstrong.

Le départ du 5630, rue Armstrong

Après le départ de Rose, le 13 octobre, c'est au tour de Bernard Lortie de quitter le 5630, Armstrong, vers 18h30, pour ne plus y revenir. Il alla chez Louise Verreault, rencontrer Paul Rose. M. Verreault proposa à Lortie d'aller habiter chez sa mère, ce qu'il fît, jusqu'au 22 octobre, pour ensuite s'installer dans l'appartement inoccupé de la cellule Libération, rue Broadway. Paul Rose voulut aussi s'y cacher, mais Louise Verreault lui répondit que c'était impossible. Paul quitta ensuite sa maison. Le 17 octobre, Francis Simard et Jacques Rose quittèrent leur domicile. Après s'être débarrassé du corps inerte de M. Laporte, ils partirent en autobus vers Montréal. Le 18 octobre, les autorités diffusèrent à la télévision la photo de Paul Rose. Le 19 octobre, suite à un appel anonyme, la S.Q. localisa le lieu de détention de M. Laporte, le 5630, rue Armstrong. Mais, les felquistes étaient déjà parties, bien avant leur arrivée. Si les autorités avaient accepté de diffuser plus tôt la photo de Rose, peut-être que la police aurait localisé la maison des felquistes plus tôt, épargnant la vie de Pierre Laporte...

3.2  Le 3720, Queen-Mary, à Montréal

Construction de la cache

Au cours de la soirée du 17 octobre, Paul Rose, arrivé la veille, Jacques Rose et Francis Simard se retrouvèrent à l'appartement no 12 du 3720, chemin Queen-Mary. Ceux-ci n'avaient jamais prévu y demeurer. Cet appartement était occupé par Colette Therrien, Richard Therrien, Francine Bélisle, François Bélisle, en cette période. Convaincus que leur séjour serait peut-être d'assez longue durée, les membres de la cellule Chénier s'organisèrent. Le 20 octobre, Colette Therrien commanda des matériaux, en prévision de la construction d'une cachette que Jacques Rose avait pensée construire dans la garde-robe située près de la porte d'entrée. La journée suivante, tous les matériaux furent livrés, au domicile de la mère de Colette et Richard Therrien. Ils commencèrent aussitôt la construction de la cache, pour terminer le lendemain. L'entrée se faisait par l'intérieur de la garde-robe, en levant une partie de la fausse cloison du fond, qui avait été recouverte de papier teinture. L'espace y était très réduit, mais ils n'y vivaient pas, c'était uniquement en cas de visite surprise.

L'arrestation de Bernard Lortie

Le 1er novembre, Bernard Lortie arriva à l'appartement, vers 20 heures. Le 6 novembre, grâce à l'adresse dénichée au 5630, Armstrong, trois semaines auparavant, des policiers se présentèrent au 3720, Queen-Mary. Malgré la surveillance qu'ils exerçaient, ils ne les virent pas arriver. Les policiers frappant avec de plus en plus d'insistance, Jacques Rose leur dit d'attendre un instant. Alors qu'il s'apprêtait à rejoindre Francis Simard, Paul et Jacques Rose, Bernard Lortie eue la présence d'esprit qu'il n'y était pas supposé y avoir d'homme dans l'appartement. Les policiers n'arrêteraient pas de chercher avant qu'ils aient trouvé la cache, convaincus qu'il y avait un homme à l'intérieur. Il décida donc de ne pas aller les rejoindre et se cacha dans une autre garde-robe, pour éviter l'arrestation de ses complices. Les policiers entrèrent, sur leur garde, suite au temps pris par l'une des femmes pour leur ouvrir la porte. Ils fouillèrent toutes les pièces, jusqu'à ce qu'ils eurent découvert Lortie, comme il s'y attendait sûrement. « Sa présence d'esprit aura cependant retardé de plus de six semaines l'arrestation des frères Rose et de Francis Simard (9). »

Le départ du 3720, rue Queen-Mary

Les policiers décidèrent d'attendre le trio, convaincus qu'ils étaient sortis. Le lendemain soir, trois policiers assuraient encore une surveillance. Ils espéraient qu'ils allaient revenir, l'arrestation de Lortie ayant été tenue secrète. Vers l'heure du souper, ils décidèrent d'aller souper à l'extérieur, après s'être assurés que toutes les portes étaient bien fermées. C'était leur chance. Ils sortirent de leur cachette et se dirigèrent vers l'extérieur, certains que le bloc était sous surveillance. Sans regarder et craignant à tout bout de champs de se faire tirer dessus, sur le trottoir, ils arrêtèrent un taxi et partirent. Mais, la police n'avait laissée aucun poste de surveillance devant l'appartement, de sorte que les trois individus se sauvèrent sans difficulté.

3.3  Le dénouement

La ferme à Saint-Bonaventure

Ensuite, ils se rendirent jusqu'au 1485 est, rue Laurier, domicile de Denise Quesnel. Elle y restait en compagnie de sa fille Hélène et de Robert Dupuis. Pour le trio, il n'était pas question d'y demeurer bien longtemps. Vers 23 heures, Denise Quesnel appela Claude Larivière, et celui-ci se rendit chez elle. Il leur proposa son aide pour les aider à se cacher. Ainsi, le 9 novembre, vers 20h15, Larivière et Yves Roy, un ami de ce dernier, allèrent chercher les felquistes sur la rue Laurier et les conduisirent près d'une grange, située dans un rang de Saint-Bonaventure. Larivière leur donna deux caisses pleines de nourriture, pour environ une semaine. Ils s'installèrent dans la cave, qui n'avait que deux pieds de hauteur. Le 17 novembre, Larivière se rendit à Saint-Bonaventure, pour leur porter des vivres, avec Denise Quesnel et Robert Dupuis. Paul Rose prit Dupuis à l'écart et lui demanda de leur trouver un nouveau refuge, la situation rendue insoutenable. En effet, à cette période de l'année, il faisait très froid dans la grange et les felquistes n'étaient presque pas habillés. Puis, Robert Dupuis contacta Guy Fiset, un militant du Parti Québécois, et celui-ci le mettra en contact avec un indépendantiste de première heure, Michel Viger. Dupuis lui dit que les frères Rose, qu'il connaît bien, étaient en très fâcheuse posture.

L'arrivée à Saint-Luc

Donc, le 24 novembre, en pleine tempête de neige, Michel Viger va chercher le trio à Saint-Bonaventure et les emmena à sa maison du rang des Grands-Prés, à Saint-Luc. Le 25 novembre, la G.R.C. localisa l'endroit où se cachait, depuis la veille, les felquistes, alors qu'elle intercepta une conversation téléphonique entre Viger et Dupuis, au sujet de leurs cousins respectifs. Mais, la G.R.C. ne devrait jamais transmettre cette information à la S.Q.. De plus, la G.R.C. installa un poste d'observation, près de la résidence, décidant de ne pas intervenir tout de suite. Les felquistes, eux, devait se trouver une cachette. C'est ainsi qu'ils construisirent un tunnel, allant du sous-sol à un puits désaffecté à l'extérieur de la maison, où était située la cache. L'entrée se faisait en soulevant les quelques blocs, qu'ils avaient cimenté ensemble, situés entre le mur et une fournaise. Le 22 décembre, la S.Q. organisa une première fouille à la résidence de Saint-Luc, après avoir découvert le refuge par sa propre enquête. Elle fut ordinaire, une descente de routine. Ils vinrent arriver quatre ou cinq voitures de police, ramassèrent ce qui traînait par terre, descendirent au sous-sol et entrèrent dans la cache. Ils y restèrent quelques heures, et sortirent lors du départ des policiers. La deuxième fois, ils faillirent ce faire prendre. En effet, le 25 décembre, Jacques Rose oublia un morceau de linge dans la cuisine. Réalisant son oubli, il remonta en vitesse chercher la pièce compromettante. Lorsque Jacques Rose replaça les blocs de ciment camouflant l'entrée du tunnel, derrière lui, les policiers commençaient à fouiller le sous-sol. Cette fois-ci, ce fut sérieux : ils défonçaient à coups de barres. Puis, un des deux policiers s'occupant du sous-sol commença à soulever les blocs de ciment autour de la fournaise. Rendu à ceux recouvrant l'entrée, il eut de la difficulté à les prendre. « Il a demander à l'autre policier de venir l'aider. Le policier a répondu : " Niaiseux, ils ne peuvent pas être dans le ciment ! Viens plutôt m'aider ! " Notre policier a laissé tomber... (10) »

L'arrestation du trio, à Saint-Luc

C'est finalement au bout du troisième raid, le 27 décembre, que la police détectera enfin la cachette ingénieuse aménagée par les frères Rose et Francis Simard. La police savait qu'ils étaient chez Michel Viger ; la seule chose qu'elle ne savait pas, c'était où à l'intérieur de la maison. Mais, elle pensait que le seul endroit valable serait la cave. Puis, en approchant de la fournaise, un léger bruit attire l'attention des policiers. Ensuite, Viger avertit le trio que les policiers savaient où ils se cachaient. Les fugitifs demandèrent la présence d'un médiateur et se mirent d'accord avec le procureur de la Couronne sur le nom de l'écrivain Jacques Ferron. Les discussions durèrent toute la nuit. Puis, les felquistes décidèrent de sortir de leur cache, se rendant contre la promesse que les personnes injustement détenues depuis octobre, soient remises en liberté. M. Paul Rose, parlant au nom des deux autres, dit à travers les blocs de ciment : « Soit, nous sortons (11). » Paul Rose quitta le premier le tunnel, suivi de Simard, puis de Jacques Rose. Aussitôt, ils furent menottés. Paul Rose déclara : « Nous ne faisons pas de sentiment. Nous nous fondons dans une lutte qui n'est pas seulement la nôtre [...] Dieu sait ce qu'on a pensé sur notre compte. Dieu sait ce qu'on a dit ! Nous faisons peut-être partie d'une génération perdue. Nous avons voulu accélérer l'histoire. Je crois que nous avons réussi. En tout cas, nous ne regrettons rien, même si [...] nous sommes en principe contre la violence. La violence qui a eu lieu, nous la prenons sur nous, nous en paierons la note (12). »

Alors, la fuite des felquistes fut périlleuse, par moments. Ils eurent la chance de compter sur la présence d'un réseau de soutien au FLQ. En effet, sans celui-ci, les felquistes n'auraient possiblement pas pu fuir aussi longtemps qu'ils le firent.

Conclusion

Donc, durant la crise d'Octobre 1970, les felquistes purent fuir grâce à l'inefficacité policière. En effet, lors de l'enlèvement de Pierre Laporte, les barrages furent dressés tout juste après le passage de felquistes. Alors que Paul Rose fut pris en filature, les policiers auraient pu l'arrêter, sur le trottoir, mais ne le firent pas ; ainsi que lorsque l'automobile quitta la résidence. Ensuite, les autorités diffusèrent très tard la photo de Paul Rose, ce qui leur donna du temps pour quitter le 5630, Armstrong. Le 7 novembre, les felquistes purent fuir l'appartement du 3720, Queen-Mary, parce que la police n'avait laissée aucun poste de surveillance devant celui-ci. Aussi, à partir du 25 novembre, la G.R.C. sut que les felquistes se cachait à Saint-Luc. Mais, elle ne transmit pas cette information à la S.Q., chargée de l'enquête. Celle-ci découvrit leur refuge par elle-même, un mois plus tard, pour ainsi les arrêter le 28 décembre 1970.

Cependant, l'action des felquistes à dévoilé au grand jour leur principal objectif : l'indépendance du Québec. Est-ce que leur action, et la crise d'Octobre, a augmenté le nombre de partisans de leur idéologie ? En effet, il serait intéressant de savoir quelles conséquences a eu la crise d'Octobre sur la population en général. A-t-elle été apeurée que le Québec devienne dirigé par des terroristes, ou a-t-elle été sensibilisée par tout ce que le FLQ dénonçait?

L'indépendance politique du Québec fut l'objectif principal du FLQ pendant plus de quinze ans. Encore aujourd'hui, c'est un sujet très d'actualité. En effet, le Parti Québécois, actuellement au pouvoir au Québec, a pour mission de donner au Québec un pays. En 1995, celui-ci effectua un référendum parmi les citoyens québécois. Mais, 49% des Québécois votèrent pour la souveraineté de notre province. Donc, il reste encore un peu de chemin à faire pour que le Québec devienne un pays.

Liste des références

(1) Gustave Morf, Le terrorisme québécois, Ottawa, Les Éditions de l'homme, 1970, p. 15.

(2) Louis Fournier, FLQ Histoire d'un mouvement clandestin, Montréal, Éditions Québec/Amérique, 1982, p. 33.

(3) Louis Fournier, FLQ Histoire d'un mouvement clandestin, Montréal, Éditions Québec/Amérique, 1982, p. 37.

(4) Jacques Lacoursière, Alarme citoyens, Ottawa, Les Éditions La Presse, 1972, p. 32.

(5) Louis Fournier, FLQ Histoire d'un mouvement clandestin, Montréal, Éditions Québec/Amérique, 1982, p. 296.

(6) Louis Fournier, FLQ Histoire d'un mouvement clandestin, Montréal, Éditions Québec/Amérique, 1982, p. 302.

(7) Jacques Lacoursière, Alarme citoyens, Ottawa, Les Éditions de La Presse, 1972, p. 399.

(8) Jean-François Duchaîne, Rapport sur les événements d'Octobre 1970, Québec, Direction générale des publications gouvernementales, 1981, p. 66.

(9) Jean-François Duchaîne, Rapport sur les événements d'Octobre 1970, Québec, Direction générale des publications gouvernementales, 1981, p. 160.

(10) Francis Simard et al., Pour en finir avec Octobre, Montréal, Éditions internationales Alain Stanké, 1982, p. 213.

(11) Jacques Lacoursière, Alarme citoyens, Ottawa, Les Éditions La Presse, 1972, p. 411.

(12) Jacques Lacoursière, Alarme citoyens, Ottawa, Les Éditions La Presse, 1972, p. 411.

Annexe
Sentences d'emprisonnements felquistes

Paul Rose : Deux fois l'emprisonnement à perpétuité pour l'enlèvement et le meurtre de Pierre Laporte. Remis en liberté conditionnelle (de jour), en septembre 1982.

Francis Simard : La prison à perpétuité pour meurtre. Libéré sous condition à la fin de 1981.

Bernard Lortie : 20 ans pour enlèvement. Libéré sous condition en juillet 1978.

Jacques Rose : Condamné à 8 ans pour complicité après le fait de la mort de Pierre Laporte. Libéré sous condition en juillet 1978.

Michel Viger : 8 ans pour complicité après le fait. Libéré après quatre ans.

Robert Dupuis : 2 ans de prison. Libéré après un an.

Claude Larivière : 2 ans de prison. Libéré après un an.

Denise Quesnel : un an de prison.

Louise Verreault : un an de prison.

Colette Therrien : un an de prison.

Richard Therrien : un an de prison.

Francine Bélisle : 9 mois de prison.

Hélène Quesnel : 6 mois de prison.

Yves Roy : 6 mois de prison.

François Bélisle : 6 mois de prison.

Lise Balcer : 6 mois de prison pour outrage au tribunal.

Lise Rose : 6 mois de prison pour outrage au tribunal.

Source : Louis Fournier, F.L.Q. Histoire d'un mouvement clandestin, Montréal, Éditions Québec/Amériques, 1982, p.372.

Bibliographie

DAGENAIS, Bernard, La crise d'Octobre et les médias : le miroir à dix faces, Outremont, VLB éditeur, 1990, 217 pages.

DUCHAÎNE, Jean-François, Rapport sur les événements d'Octobre 1970, Québec, Direction générale des publications gouvernementales, 1981, 256 pages.

FOURNIER, Louis, FLQ Histoire d'un mouvement clandestin, Montréal, Éditions Québec/Amérique, 1982, 509 pages.

LACOURSIÈRE, Jacques, Alarme citoyens, Ottawa, Les Éditions la Presse, 1972, 438 pages.

MORF, Gustave, Le terrorisme québécois, Ottawa, Les Éditions de l'homme Ltée, 1970, 219 pages.

PELLETIER, Gérard, La crise d'Octobre, Ottawa, Éditions du Jour Inc.,1971, 265 pages.

PROVENCHER, Jean, La grande peur d'Octobre 70, Montréal, Les Éditions de l'Aurore, 1974, 123pages.

SIMARD, Francis et al, Pour en finir avec Octobre, Montréal, Éditions internationales Alain Stanké, 221 pages.

TRAIT, Jean-Claude, FLQ 70 : offensive d'automne, Ottawa, Les Éditions de l'homme, 1970, 130 pages.

 

Jean-François Gauvin