Hit-Parade

 

Les recherches policières lors de la crise d'Octobre 1970


Les enlèvements de M.M. Cross et Laporte

Lors des deux enlèvements, ceux de Cross et de Laporte, la police installa d'énormes dispositifs de sécurité tout autour de la ville de Montréal, bloquant ponts et tunnel, mais les recherches furent rapidement abandonnées. En effet, le FLQ lui avait échappé. À l'aube du 7 octobre, la police lança une première rafle qui lui permettra d'appréhender Réal Michon et Georges Campeau. Peu de temps auparavant, elle avait reçu d'un informateur une liste de cinq ravisseurs potentiels : Jacques Lanctôt, Nigel Hamer, Gilles Cossette, Réal Michon et Georges Campeau. Mais Nigel Hamer, qui habite avec Michon, n'était pas sur la liste prioritaire et ne sera pas arrêté ni même interrogé. C'est pourtant le seul des ravisseurs de Cross que la police pourrait repérer mais les responsables de l'enquête ne croient pas que Hamer puisse être dans le coup, tout simplement. Il s'agit là d'une des plus graves erreurs policières survenues durant la crise.

Le lieu de détention de M. Laporte

Le 13 octobre 1970, la police prit Paul Rose en filature, mais perdit sa trace, à deux reprises. Le 14 octobre, elle passa plusieurs fois devant une maison de la rue Armstrong. Plusieurs policiers sortirent de leur voiture, en courant, pour effectuer une descente, sans grand succès.  (Extrait de « Octobre ») Il s'avérera plus tard que les voisins des habitants de cette maison étaient les membres de la cellule Chénier. En effet, le 19 octobre, suite à un appel téléphonique, la police découvrit le domicile de cette cellule. La police n'avait pas permis la diffusion de la photo de Paul Rose, à la télévision, avant le 18 octobre. Mais, la maison était inoccupée. On peut se demander alors ce qui serait arrivé si les autorités policières québécoises avaient accepté de diffuser la photographie de M. Paul Rose dès le jeudi précédent la mort de M. Laporte.

L'arrestation des membres du FLQ

Le 6 novembre 1970, la police arrêta Bernard Lortie, alors qu'elle effectuait une perquisition de routine à un appartement du chemin Queen-Mary. Le 7 novembre, des policiers découvrirent, en revenant de souper, que certaines personnes s'étaient enfuies de cet appartement : les frères Rose et Francis Simard. Ces policiers n'avaient laissé aucun poste de surveillance devant l'appartement. Le 25 novembre, la G.R.C. localisa l'endroit du nouveau refuge des felquistes, mais décida de ne pas intervenir tout de suite, n'installant qu'un poste d'observation. Ce ne fut que le 22 décembre que la S.Q. effectua une première descente à cet endroit, une maison à Saint-Luc, pour ainsi arrêter les felquistes à la troisième tentative, le 28 décembre. La G.R.C. n'avait jamais transmis le lieu de la cachette à la S.Q., chargée de l'enquête, ce qui explique le délai d'un mois entre la découverte du lieu et l'arrestation des trois derniers membres de la cellule Chénier.

 

Jean-François Gauvin