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Les causes de l'inefficacité policière lors de la crise d'Octobre


La désuétude des dossiers

Au début de l'année 1970, la police avait fait échouée deux tentatives d'enlèvements, par le FLQ. Elle aurait donc pu s'attendre à une récidive. Mais, les services de sécurité des corps policiers, faute d'une mauvaise analyse du contexte sociopolitique de l'époque, n'avaient pas vu dans ces tentatives l'inauguration d'une nouvelle période de terrorisme. Les dossiers de renseignements n'étaient pas à jour, en prévision d'une éventuelle crise. Donc, les policiers se retrouvèrent, en Octobre 1970, avec des dossiers périmés. C'est ainsi que les policiers dirigèrent leurs recherches sur d'anciens sympathisants du FLQ. Cette désuétude des dossiers de renseignements est assurément une cause importante des difficultés qu'ont eues les forces policières à faire face à la crise d'Octobre.

La méthode d'enquête

L'échec de leur action est avant tout dû à la méthode d'enquête adoptée. En effet, il fut décidé au départ de vérifier systématiquement toutes les informations provenant du public, parvenant aux services de renseignements. Celles-ci affluaient au rythme d'environ deux mille par jour. Donc, certaines informations valables furent noyées dans une masse de renseignements plus ou moins sérieux. De plus, cette méthode exigeait d'énormes effectifs. C'est pour cela qu'on fit appel à l'armée, pour libérer les policiers chargés de la garde d'édifices et ainsi les affecter aux recherches.

L'inexpérience policière

Les corps de police québécois ont été appelés, à parti de 1963, à assumer des tâches relevant plutôt d'organisations policières spécialisées dans d'autres pays. Cette situation donna lieu à des confits entre divers services d'un même corps policier et à des rivalités entre les corps policiers eux-mêmes. Ces tensions, de même que la relative inexpérience des corps policiers en matière d'enlèvements politiques, contribuèrent à diminuer de façon sensible l'efficacité des enquêtes conduites pour retrouver les otages. Cette situation confuse explique également en partie le désarroi des policiers lors de la crise d'Octobre et leur inaptitude à empêcher cette crise de se développer. En Octobre, les membres de la S.A.T. ne suffirent pas à la tâche, qui fut progressivement assumée par des policiers qui n'avaient aucune expérience dans la lutte antiterroriste. L'enquête conduite par la Police de Montréal dégénéra vite en une improvisation désordonnée, qui se transforma en chaos après l'enlèvement de Pierre Laporte.

 

Jean-François Gauvin