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Enlèvement de James Richard Cross


James Richard CrossMarc Carbonneau, emprunte un taxi à la compagnie de taxis où il a déjà travaillé. Le plan consiste à conduire l'otage, James Richard Cross, vers Côte-des-Neiges, où les taxis fourmillent, puis, dans un garage retiré, à le transférer, dans une voiture ordinaire louée par les Cossette-Trudel qui l'amènera rue des Récollets.

Le lundi 5 octobre, à 8h20, trois hommes un peu nerveux se présentent au domicile de Cross, munis d'un pistolet Luger, d'un fusil M-1 et d'une 22 Beretta. Les ravisseurs ont un colis pour leur hôte. Ils tombent bien, c'est un peu après l'anniversaire de James Richard Cross. Pure coïncidence, car ils n'en savaient absolument rien. Le diplomate en train de se vêtir dans la salle de bain, a entendu les deux coups de sonnette, mais il sait que la bonne est là pour répondre. Tout à coup, il voit surgir dans sa chambre, l'homme au pistolet qui lui ordonne de se coucher face contre terre.

Répondant à l'appel de son ami, le second ravisseur, armé d'une mitraillette, s'amène avec la bonne et un enfant. Holly, le danois des Cross, veut sauter sur le lit, mais Madame Cross reçoit l'ordre de retenir le chien, sinon on l'abattra sur-le-champ. Pendant que l'homme à la mitraillette tient les autres en joue, celui qui s'est introduit le premier dans la chambre aide M. Cross à s'habiller dans la salle de bains. Madame Cross peut à loisir regarder les deux ravisseurs, ce qui lui permettra d'en reconnaître un plus tard. Ceux-ci sont généreusement maquillés. Ils avaient prévu porter des cagoules, mais, dans leur énervement, ils ont oublié de s'en revêtir: ils les ont toujours dans leurs poches!

James Richard Cross - OtageA l'étage supérieur, le diplomate britannique, avec la permission de ses ravisseurs, dit au revoir à sa femme. Commence alors pour lui la longue attente! Avant de quitter la maison, on accroche au passage un manteau léger qu'on lui jette sur les épaules. Aussitôt monté dans la voiture, M. Cross est caché sous une couverture entre les deux sièges.

Moins de cinq minutes plus tard, pour mieux tromper la police, les ravisseurs changent de véhicule. Au moment de l'échange, on couvre le visage du diplomate d'un masque à gaz dont on a peint la visière.

Pendant ce temps, Madame Cross avertit la police du rapt de son mari. Par suite d'une erreur, les policiers se rendent d'abord au consulat de la Grèce, erreur qui fait perdre quelques instants, rien de plus. Les membres de l'escouade antiterroriste de la police de Montréal ne sont pas sans songer que le coup a dû être perpétré par des membres du Front de Libération du Québec, car il y a déjà derrière les barreaux, un certain nombre de jeunes gens arrêtés par suite de la découverte d'un complot pour enlever soit le consul des Etats-Unis, soit celui d'Israël.