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Une autre version de la crise d'Octobre 1970

 

Voici un texte puisé dans un livre de Marc Laurendeau, démontrant encore une fois la complexité entourant le FLQ et la crise d'Octobre 1970.


Une crise provoqué par l'État ?

En compilant certains faits, plutôt troublants, le docteur Jacques Ferron est parvenu à édifier une théorie qui mérite d'être examinée avec le plus grand soin. Jacques Ferron, un résident de la rive sud, a connu intimement, grâce à ses activités médicales et littéraires, certains felquistes et il fut même appelé à négocier la réddition des frère Rose et de Francis Simard.

Ce docteur a découvert un des éléments clés de son argumentation à la lecture d'un reportage de Georges Bain, publié dans le Globe and mail du 23 décembre 1971. On y affirmait, avec preuves à l'appui, que le gouvernement fédéral avait mis sur pied, le 7 mai 1970, un comité interministériel pour étudier les dispositions à prendre au cas où la Loi sur les mesure de guerre serait mise en application, advenant une insurrection. Cela se passait une semaine après l'élection au cours de laquelle le Parti Québécois avait remporté 23% du vote populaire au Québec et exactement 5 mois avant la crise d'Octobre. Selon Jacques Ferron, cela suggère que l'État central aurait préparé d'avance son processus de terrorisation sociale afin d'écraser complètement la gauche Québécoise.

En elle même, la mise sur pied du comité du 7 mai 1970 prouve peu de choses, mais il se trouve qu'elle était entourée de circonstances pour le moins étranges. Certains faits cités par Ferron tendent à démontrer que la CIA s'est vivement interessée au mouvement séparatiste, au point même que l'agence d'espionnage américaine aurait songé à utiliser le Québec comme terrain d'expérimentation pour observer la maîtrise des conflits sociaux et du terrorisme dans un pays industrialisé.

Ces faits tendent à prouver que les felquistes ont peut être été manipulés à leur insu au niveau de la conception ou du déroulement des actions terroristes. Il faut admettre qu'il subsiste une série d'interrogations auxquelles le gouvernement, fédéral et provincial, n'a pas encore répondu.

Tiré de : LAURENDEAU, Marc, Les Québécois violents, Montréal, Éditions Boréal., 1990, 345 pages