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Les fondateurs du FLQ


1. Georges Schoeters

À cause de son âge, de son expérience de la vie, de sa supériorité intellectuelle, c'est le Belge Georges Schoeters, que l'on qualifie de marxiste humaniste et de tiers-mondiste, que plusieurs considèrent comme le père du FLQ.  Mais, alors que certains prétendent qu'il était le chef incontesté du FLQ en 1963, à cause de ses rapports qu'il a déjà eu avec la résistance belge, l'Algérie et Cuba, d'autres disent plutôt qu'il était le moins activiste des trois fondateurs et que la création du FLQ revenait le plutôt à Raymond Villeneuve et Gabriel Hudon, donc qu'il n'était pas véritablement le chef.

Né le 22 avril 1930 à Anvers, en Belgique, Georges Schoeters fut élevé dans un orphelinat, jusqu'à l'occupation Nazis. Il n'a jamais connu son père... Alors qu'il était encore très jeune et petit, il fut membre de la résistance sous l'occupation allemande de la Belgique, en 1939-1940. Il était en effet un excellent messager et un minuscule espion, car les Allemands l'aurait moins soupçonné qu'un adulte. Il fut alors témoin de scènes atroces, de fusillades, d'exécutions et de massacres de personnes soupçonné d'appartenir à la résistance belge. Après la guerre, sa mère le plaça pensionnaire dans un collège classique, pour ainsi tenter de le civiliser. Mais, il s'arrêta à la quatrième année, malgré qu'il était intelligent.

Geoges Schoeters était un homme pauvre, ayant connu la misère du peuple depuis son enfance. Il était très têtu, acharné au travail et cherchait à épater. Aussi, il était à la fois inquiet et sûr de lieu, contradictoire. Pour résumer, il était un tendre, qui pouvait soudain être dur et un hésitant, qui pouvait s'embarqué et aller jusqu'au bout. Du coté physique, il était de taille moyenne, assez costaud, doté d'une force naturelle, qui lui inspirait confiance, ainsi que d'une bonne endurance physique. En effet, il était un ancien coureur cycliste.

Il immigra au Canada en 1951. À ce moment il n'était pas un révolutionnaire. L'année suivante il fit une dépression nerveuse suite à ses déboires dans le monde du travail. En 1953, il s'inscrivit à des cours d'économie politique et de sociologie à l'Université de Montréal, où il fut en contact avec des étudiants activistes et extrémistes. Il était fasciné par le climat régnant en sociologie. Les idées de Schoeters se mirent à faire du chemin. En 1957, Georges Schoeters marie une Québécoise, Jeanne Pépin, avec laquelle il eut plus tard deux enfants (Astrid et Karl). En 1958 et 1959, il fit un voyage en Algérie, pour étudier les tactiques du Front de libération nationale algérien, et deux à Cuba. Invité par l'institut national de la réforme agraire lors de son premier voyage à Cuba, en compagnie de douze autres étudiants de l'Université de Montréal , en août 1959,  il rencontra Fidel Castro et le commandement Camilio Cienfuegos.  En automne 1959, il retourne à Cuba, pour travailler à la réforme agraire, et rencontre Che Guevara. Durant ces deux mêmes voyages à Cuba, Schoeters faisait de l'entraînement  militaire à la milice populaire et devient très familier au maniement des armes. On prétend même qu'il s'inscrivit aux écoles de sabotage. Il reviendra de ces voyages fort bien équipé pour importer la révolution au Québec. En effet, il y avait apporté des instructions pour la confection de cocktail Molotov et de bombes à retardement. Revenu à Montréal, il commença à lire le livre « Traité de guérilla », de Che Guevara, en espagnol ( Schoeters parlait 4 langues ). Avec ses qualités de grand parleur, il fit des conférences sur ce qu'il avait vu lors de ses voyages. En 1962, il quitta une fois de plus le pays, pour l'Algérie et la Tunisie, chez les fedayins, pour perfectionner ses techniques révolutionnaires.

En 1963, il revient au Canada, se faisant plus discret, demandant qu'on le laisse tranquille, affirmant qu'il se moquait de ces histoires de séparatisme. Mais, il devient membre du Rassemblement pour l'indépendance nationale (R.I.N.), puis du Réseau de résistance (RR) , inspiré de la résistance belge. Puis, il fonda le FLQ avec Gabriel Hudon, Raymond Villeneuve et quelques autres homme, où son rôle était de diriger et coordonner les opérations. Mais, il se fit arrêté, peu de temps après la fondation du FLQ, en compagnie des autres membres de ce premier réseau. En pénitencier, il fut un prisonnier modèle, lisait beaucoup et étudiait l'histoire et la sociologie. Il fut libéré sous condition, à l'automne 1966 et ensuite rapatrié en Belgique quelques temps plus tard, son dossier de résistant l'ayant aidé. Il se rendit alors compte que le Québec n'était pas prêt à être libéré, bien qu'il croyait sincèrement à la nécessité et à l'avenir d'un Québec indépendant.

Après, c'est le vide sur son histoire... Certains pensent qu'il aurait vécu clandestinement en Belgique, car il sera toujours un personnage suspect aux yeux des autorités. De plus, on pense aussi qu'il aurait été chez les fedayins vers l'année 1970.

Mais, avait-il dit, pour rien au monde il ne reviendrait au Québec, où pourtant vivent les deux seuls personnes qu'il aime vraiment et pour lesquels il ferait n'importe quoi : ses enfants.

2. Raymond Villeneuve

Né le 11 septembre 1943, Raymond Villeneuve est le seul extrémiste de sa famille. L'un des principaux leaders du terrorisme québécois en 1963. Raymond Villeneuve était un jeune homme de constitution athlétique et d'intelligence supérieure. Étant un activiste et impatient, ses  idées se transformait rapidement en action. Certaines personnes n'hésite pas à dire de lui qu'il représentait la tendance la plus activiste de FLQ et que l'impulsion du tout premier réseau lui revenait le plus, avec Hudon. De plus, il possédait une volonté extrême et était tenace : il savait ce qu'il voulait.

À 19 ans, Raymond Villeneuve fut donc le plus jeune des fondateurs du Front de libération du Québec. Militant du R.I.N., il fraya dans les milieux de gauche de l'Action socialiste pour l'indépendance du Québec (A.S.I.Q.), puis s'inscrivit au Parti Social-Démocrate (N.P.D.), en 1961. Puis, en 1962, il devint membre du Réseau de Résistance (R.R.), écrivant des slogans aux murs. Exaspéré par le manque de succès du R.I.N. et du R.R., il veut passer aux actions directes et spectaculaires. C'est ainsi qu'après avoir rencontré Georges Schoeters et Gabriel Hudon au sein de ces deux dernières organisations, il recruta les premiers adhérents du FLQ, car il était déjà en contact avec des militants du Comité de libération nationale. Il était impatient d'agir, les choses n'allant pas assez vite. C'est lui-même qui aurait proposé le nom de « Front de libération du Québec » pour le groupe nouvellement formé, de même que le drapeau du FLQ de 1963. Celui-ci ressemblait à celui des Vietcongs et était tricolore, moitié blanc moitié bleu avec une étoile rouge au milieu du blanc. Dans le FLQ, c'est principalement lui qui effectuait les vols de dynamite, située aux chantiers de construction du métro. Ses principaux complices étaient Gabriel Hudon, Yves Labonté et Jacques Giroux. De plus, c'est lui qui aurait été chargé de la fabrication de trois cocktails Molotov lancés dans trois établissements militaires. C'est principalement pour cette raison qu'il fut arrêté en juin 1963, alors qu'il fut reconnu coupable d'homicide involontaire. Puis, le 14 septembre 1967, il bénéficia d'une libération conditionnelle. Il s'inscrivit à des cours d'études commerciales à l'Université de Montréal, mais n'aime pas cela. Alors, il s'inscrit à des cours de sociologie, cette science qui attire tellement les contestataire, les mécontents, les révoltés et qui peut fournir tous les Raymond Villeneuve - MLNQsystèmes et théories de valeurs révolutionnaires. Exposé à ceci, Villeneuve redevient révolutionnaire. Puis, au début de 1969, il s'en va à Cuba, trahissant la confiance des autorités.

Aujourd'hui, Raymond Villeneuve est le président d'un groupe qu'il a lui même fondé : le Mouvement de libération nationale du Québec (MLNQ).

3. Gabriel Hudon

Né le 1er mars 1942 à Montréal, Gabriel Hudon, alias Roger Dupuis, était, selon plusieurs, le troisième en importance dans le FLQ de 1963. Fils de débardeur, il se décrivait comme étant socialiste mais d'abord indépendantiste.   À l'instar des premiers militants du FLQ, il croyait que les Québécois devait d'abord se donner un pays s'ils voulaient y implanter le socialisme. De plus, il manifeste beaucoup de mépris envers la Cour et l'autorité.

Malgré qu'il était intelligent, Gabriel Hudon quitta l'école dès la 11e année, à l'âge de 17ans, car il voulait travailler, pour ainsi être indépendant. Il fut dessinateur industriel dans l'usine de pièces d'avion « Jarry hydraulique ». Il fut ainsi le président de l'Association du comté ouvrier de Sainte-Marie au début des années 60. En 1961, il commença à militer au sein du RIN et un an plus tard pour le Réseau de résistance (RR), puis le FLQ. Il pensait que le FLQ devait mener une action parallèle au R.I.N., en sachant que l'indépendance serait faite par un parti légalement constitué. Très actif dans le FLQ de 63, il effectuait des vols de dynamite, était impliqué dans la plupart des actions violentes et fabriquait des bombes et des cocktails Molotov. Cependant, le 7 octobre 1963, il fut condamné à 12 ans de pénitencier et 5 ans pour chacun des neuf attentats contre des édifices. Libéré sous condition le 11 décembre 1967, il a toujours observé les conditions de sa libération.

 

Jean-François Gauvin

 


L'indépendance du Québec