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Les gouvernements

 

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Prévoyante et imaginative cette police politique fédérale, il lui était possible de 1964 à novembre 1976, de passer de l'uniforme soit de la SQ, celui de la police municipale de Montréal à la sienne après la tenue civile. Car, créé en 1964, l'escouade combiné anti-terroriste ( C.A.T.) - GRC, SQ, police de la CUM, l'armée -, cette escouade avait été réorganisée et renforcée à plusieurs reprises depuis. L'armée avait joué un grand rôle dans cette réorganisation en assumant, entre autres, la formation des policiers spécialisés dans le contrôle des troubles civils, les techniques de renseignements et la provocation directe.

Allié sûr de l'armée, de la GRC, et du pouvoir central, Michel Côté, directeur du contentieux de la ville de Montréal, fut nommé secrètement le 7 juin 1970 grand patron de C.A.T.

Tiré de : VALLIÈRES, Pierre, L'exécution de Pierre Laporte, page 32.


Le Parti Libéral et la GRC

Et à ceux qui tentent toujours, par ignorance, de faire une distinction entre les différents corps policiers de l'époque. Il serait bon de leur apprendre que dès son arrivé à son bureau de premier ministre du Québec en juin 1960, Jean Lesage, sur les conseil « judicieux » du représentant de la GRC au sein de la fonction publique du Québec, Julien Chouinard, décida de « poivrer » l'état-major de la Sûreté du Québec de membres actifs de la ... GRC. D'où la SQ devenait une division de la GRC portant l'uniforme de l'adversaire. Et en conséquence, les décisions portant uniformes soit de la SQ ou de la GRC émanaient de la même tête ! L'Équipe du tonnerre de Lesage était ainsi élargie pour y inclure des membres anti-nationalisme québécois de la police politique de cet autre peuple qui nous traitait comme le pire de ses ennemis ! Il fallait le faire...

Histoire de continuer dans la honteuse tradition de gérant de succursale fédéraste du Parti libéral du Québec :

Le gouvernement libéral, qui succède à celui de l'Union nationale à Québec, était lui aussi étroitement surveillé par la GRC. Et cela, à la demande de Robert Bourassa lui-même !

Au début de 1971, bouleversé par la Crise d'octobre, Bourassa a peur d'être enlevé comme Pierre Laporte. Il soupçonne de sympathie péquiste tout le monde autour de lui. C'est Julien Chouinard, secrétaire du gouvernement, qui s'occupe alors de sécurité. Le plus haut fonctionnaire du gouvernement du Québec est aussi un proche de Marc Lalonde, du cabinet du premier ministre fédéral, avec qui il a rédigé la fameuse lettre où Bourassa demandait à Trudeau de promulguer la Loi sur les mesures de guerre. (...) Heureusement le Colonel Chouinard était là, seul homme de poigne de son entourage. L'ancien militaire farouchement anti-indépendantiste, est « l'oeil d'Ottawa » au gouvernement du Québec depuis l'Union nationale. Marc Lalonde et John Turner, un ancien camarade d'Oxford de Chouinard, sont tenus au courant de tout ce qui se trame dans les hautes sphères politiques et administratives québécoises. Dans les mois qui suivent la Crise d'octobre, Bourassa, sur la recommandation de Julien Chouinard, demande à Marc Lalonde que le fédéral se charge du « triage sécuritaire » pour le gouvernement du Québec. Lalonde organise une rencontre sur cette question entre le directeur général du GRC, John Starnes, et Robert Demers, un des proches collaborateurs de Bourassa.

Aux yeux de Chouinard, les services de renseignements de la SQ sont minables. Aussi persuade-t-il Bourassa que seule la GRC a les moyens d'effectuer le « triage sécuritaire » des hauts responsables, fonctionnaires et ministres, du gouvernement du Québec. Ce n'est pas tout. Robert Demers demande à John Starnes et à Ernest Côté, chargé des questions de renseignements au ministère fédéral du soliciteur général, l'aide du GRC pour créer une officine de renseignements politique à Québec. Ce service prendra le nom de Centre d'analyse et de documentation (CAD). John Starnes est réticent, mais il reçoit l'ordre du cabinet du premier ministre Trudeau de collaborer.

Tiré de : LESTER, Normand, Enquêtes sur les services secrets, pages 320-321.


C'est pieds et mains liés que Bourassa, sous recommandations de traîtres, a remis les clés du gouvernement de Québec : les nominations et sélections de la GRC trouvaient le chemin libre à tous les postes stratégiques de l'État québécois. Et aujourd'hui, nous rencontrons encore des fédérastes-ignares pour pouvoir faire une distinction marquée entre les trois principaux corps de polices; acteurs de la Crise d'octobre qui ne faisaient qu'un !

Le génie de Trudeau et de son équipe, durant et après les événements d'Octobre 1970, a été de mettre au compte du FLQ (de dix individus au total) le piège qu'ils  avaient eux-mêmes tendu aux Québécois, de prêter aux « extrémistes » les agissements  mêmes du pouvoir.

Tiré de : VALLIÈRES, Pierre, L'exécution de Pierre Laporte


Les quatre années précédentes, de 1966 à 1970, Ferraris avait été en poste à Montréal où il menait la lutte antiterroriste sur le terrain. C’est justement, dit-il, pour éviter que des policiers-analystes unilingues anglophones ne rédigent des rapport insensés sur ce qui se passe au Québec qu’on l’appelle à Ottawa au moment de la Crise. Déjà, à cette époque, dans les sections qui surveillent la subversion et le terrorisme au Québec, le français est la langue de travail. Mais malheureusement, au QG d’Ottawa peu d’officiers sont bilingues. Les rapports en français sont rarement lus, encore plus rarement compris. À cette incompréhension linguistique s’ajoutent, selon Ferraris, les préjugés culturels.

Le témoignage de Jos Ferraris sur la Crise d’octobre est remarquable. Il contredit ou met en doute toutes les raisons avancées à l’époque (et depuis) par le membres du gouvernement Trudeau pour justifier l’abrogation des garanties constitutionnelles : il n’y a jamais eu, estime-t-il, d’insurrection appréhendée au Québec. Et le FLQ n’a jamais vraiment existé en tant qu’organisation structurée.

Dès 1969, le gouvernement libéral, sous les ordres de Trudeau, préparait son coup en infiltrant des groupes d'actions jugés plus radicaux, allant jusqu'à en créer lui-même pour mieux justifier son intervention. Des listes avaient été préparées en attendant le moment propice.

 


L'indépendance du Québec