Cinéaste et scénariste audacieux, Pierre Falardeau est rapidement devenu un des réalisateurs les plus en vue de la scène cinématographique québécoise et canadienne. Son style cru et incisif a su ne laisser personne indifférent et a souvent alimenté les controverses les plus hostiles. Son franc-parler, ses prises de position politiques et sociales, de même que ses montées contre le fédéralisme et l'exploitation coloniale des travailleurs, ont certainement fait de lui un intellectuel des plus colorés. Malgré son sarcasme et son air désinvolte, Falardeau reste un homme de croisades des plus sincère.

S'étant à maintes reprises heurté à des portes closes et au refus systématique des programmes d'aide cinématographique des gouvernements - notamment de Téléfilm Canada - son oeuvre est synonyme de persévérance, de provocation et de dénonciation. Prenant en aversion le cinéma abrutissant d'Hollywood et les pseudo artistes de la culture de masse, qui n'ont, selon lui, strictement rien d'intelligent à dire, l'oeuvre de Falardeau est politique et ne cache pas sa partialité.

Le cinéma du créateur de Elvis Gratton et de Octobre est marqué du sceau de la lutte prolétarienne, de l'affrontement pour la justice sociale et du combat contre l'establishment colonial canadien anglais. Adulé par les uns et redouté par les autres, Falardeau fait d'abord sa marque comme cinéaste original et de grand talent. Qu'il soit qualifié de patriote par ses pairs idéologiques ou de traître séparatiste par ses adversaires, les plus modérés s'entendent pour lui accorder les mérites d'un scénariste honnête et franc, maître d'oeuvre d'un cinéma de grande qualité.

Falardeau n'estime pas être investi d'une mission, mais croit qu'il est absurde et lâche de ne pas vouloir travailler à l'instauration d'une véritable justice sociale où le pouvoir appartiendrait enfin aux travailleurs et non seulement à une poignée de financiers exploiteurs et de technocrates immoraux. Utopie? Peut-être bien, mais comme le disait poétiquement René Lévesque:

"N'est-ce pas dans le rêve cependant que naissent la plupart des projets qui en valent la peine?"

Bref, modeste et vrai, dégoûté par la prostitution intellectuelle et la culture fast-food dénudée de sens et de créativité, Falardeau serait certainement vu par son vieux chum Richard Desjardins comme étant un des derniers humains...



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