L'enlèvement de M. Pierre Laporte:

Le 10 octobre 1970, la cellule Chénier enleva le ministre Pierre Laporte. Les felquistes le firent monter à bord de leur voiture Chevrolet et luibandèrent les yeux, pendant qu'ils repartirent en vitesse. Après s'être éloignés de la maison, ils s'arrêtèrent à un feu rouge d'une intersection. C'est alors que, devant eux, une voiture de police arriva. Elle s'arrêta au feu rouge. Soudainement, les policiers devinrent nerveux et excités. Les felquistes déduisirent que l'alerte venait d'être donnée. Lorsque le feu devint vert, Paul Rose n'a que le temps de démarrer aussi vite qu'il le peut sans paraître suspect. C'est alors que les policiers, après avoir traversé le feu vert, fermèrent la rue avec leur voiture. Les autres voitures se trouvant derrière la Chevrolet ne purent passer. Une seconde de plus et ils se faisaient prendre. Ensuite, furent bloqués tous les accès à la ville de Montréal, établis des barrages routiers partout et effectuées des vérifications d'identité sur les grands axes. Mais, les felquistes échappèrent à la police, parvenant à leur domicile du 5630, rue Armstrong, à Saint-Hubert.

La filature de Paul Rose:

Le 13 octobre 1970, Paul Rose quitta la maison, pour aller déposer un communiqué. Vers dix heures, il se fit repérer par des policiers à la station de métro Longueuil, mais les sème. À midi, il se fit de nouveau repérer, lors du retour à cette même station. Il monta ensuite à bord d'un autobus, puis redescendit. Les deux policiers firent de même. Donc, les trois personnages étaient sur le bord de la rue. Mais les policiers ne l'arrêtèrent pas, croyant que Rose allait les mener tout droit au lieu de séquestration de M. Laporte. C'est alors qu'il se rendit sur la Rive-Sud, au 1191, rue Saint-Alexandre, à ville Jacques-Cartier, chez Fernand Venne, un militant du R.I.N. Le soir, Paul décida de partir et se dit qu'il fallait qu'il mette toutes les chances de son côté, en essayant de ne pas se faire reconnaître. Il modifia l'apparence extérieure de ses joues et de son menton, à l'aide d'une broche repliée placée dans sa bouche. Il prit ensuite une brique et s'en donna de solides coups sur les arcades sourcilières et le nez. En quelques minutes, son visage boursoufla. Vers vingt heures, la voiture de M. Venne quitta le domicile de la rue St-Alexandre, avec Rose à bord. Un policier s'y approcha, mais ne procéda pas à l'identification formelle de ses passagers, et retourna à son poste dobservation. Quelques minutes plus tard, Paul Rose se retrouva seul, sans policiers derrière lui. Il se rendit ensuite chez Louise Verreault, au 6685, rue Saint-Denis et ne retournera plus sur la rue Armstrong.

Le départ du 5630, rue Armstrong:

Après le départ de Rose, le 13 octobre, c'est au tour de Bernard Lortie de quitter le 5630, Armstrong, vers 18h30, pour ne plus y revenir. Il alla chez Louise Verreault, rencontrer Paul Rose. M. Verreault proposa à Lortie d'aller habiter chez sa mère, ce qu'il fît, jusqu'au 22 octobre, pour ensuite s'installer dans l'appartement inoccupé de la cellule Libération, rue Broadway. Paul Rose voulut aussi s'y cacher, mais Louise Verreault lui répondit que c'était impossible. Paul quitta ensuite sa maison.
Le 17 octobre, Francis Simard et Jacques Rose quittèrent leur domicile. Après s'être débarrassé du corps inerte de M. Laporte, ils partirent en autobus vers Montréal. Le 18 octobre, les autorités diffusèrent à la télévision la photo de Paul Rose. Le 19 octobre, suite à un appel anonyme, la S.Q. localisa le lieu de détention de M. Laporte, le 5630, rue Armstrong. Mais, les felquistes étaient déjà parties, bien avant leur arrivée. Si les autorités avaient accepté de diffuser plus tôt la photo de Rose, peut-être que la police aurait localisé la maison des felquistes plus tôt, épargnant la vie de Pierre Laporte...



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