Note : Ce texte a été envoyé à plusieurs journaux et à ce que je sache,
il a paru dans
Le Devoir du lundi 17 mars 2003 et dans Le Soleil du dimanche 16
mars 2003.
Répétez après moi : « Les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord, les
Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord, les Québécois sont les plus taxés
en Amérique du Nord ... ».
Saviez-vous que les Québécois étaient les personnes les plus taxées en Amérique du Nord ?
Personnellement, je l'ai entendu ad vitam æternam suite au dépôt du récent budget de la
ministre des Finances du Québec, Pauline Marois. En effet, les adéquistes et les libéraux,
tels des jumeaux néo-libéraux, n'avaient que cette phrase dans la bouche. Je ne sais pas si
ça vaut vraiment la peine de comparer notre taux d'imposition avec celui des États-Unis, car
nos deux systèmes économiques sont très différents, ce dernier étant ultra-capitaliste et
fondé sur l'individualité, alors que le nôtre est social-démocrate. De plus, lorsque nous
nous comparons aux citoyens canadiens des autres provinces, est-ce que notre situation est
si déplorable que cela ? En quoi un Québécois moyen devrait-il envier son homologue ontarien ?
Il est vrai que ces derniers payent moins d'impôts à leur province que nous. Mais, quel est
le coût de la vie dans cette province en comparaison à celui du Québec ? Par exemple, on
sait qu'il est beaucoup plus cher de vivre à Toronto qu'à Montréal. De plus, ce n'est pas
pour rien si la ville de Toronto est présentement confrontée à un très grave problème
d'itinérance sur son territoire, la révolution du bon sens de Mike Harris ayant laissé
des traces parmi les plus démunis. Aussi, la situation des familles québécoises est très
enviable comparativement à une bonne part de Nord-Américains, disposant notamment de mesures
très progressives comme les garderies à 5 $. Il ne faut pas oublier aussi que les étudiants
du Québec sont ceux dont les frais de scolarité sont les moins élevés au Canada. Donc, ne
comparer que le taux d'imposition de différents États en faisant complètement abstraction
des acquis sociaux de ceux-ci est faire preuve d'une malhonnêteté intellectuelle dont s'adonne
malheureusement trop de monde au Québec.
Finalement, ce n'est pas pour rien si nous entendons les partis néo-libéraux et les
associations patronales comparer la situation des Québécois uniquement avec leurs voisins
de l'Amérique du Nord. Le fait est qu'au Québec, nous nous situons dans la moyenne des pays
de l'OCDE en ce qui a trait au fardeau fiscal. Comme quoi toute bonne vérité n'est pas bonne
à dire pour eux...
Jean-François Gauvin 11 mars 2003
Dernière modification : 29 mai 2004
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