Mine de rien, on commence à sentir les élections se pointer à l'horizon, et en même temps, que le Parti Québécois
tente de rapatrier les brebis souverainistes et sociales-démocrates qui se seraient peut-être laisser tenter par
une ADQ pas très sociale-démocrate et peut-être par l'UFP, bien que ce parti reste somme tout assez marginal
présentement.
Ainsi, à la fin de l'année 2002, dans un plan d'action teinté de vert, le ministre André Boisclair a indiqué que le
controversé projet sur les petites centrales hydroélectriques serait définitivement enterrée. Ensuite, Bernard Landry
a annoncé qu'un jour férié pour commémorer la lutte politique des Patriotes des années 1830 verrait le jour, de quoi
satisfaire une majorité d'indépendantistes. Puis, dans le même élan, le conseil de la souveraineté est subitement
ressuscité. Pour le moment, celui-ci se financerait par les dons provenant du grand public. Mais, ceci pourrait
causer problème. Voilà pourquoi... Les fédéralistes disposent déjà d'un outil pour faire la promotion de leur vue
centralisatrice : le conseil pour l'unité canadienne (CUC). Celcui-ci est financé non seulement par le gouvernement
fédéral, mais aussi par les dons du public. Ces derniers sont déductibles d'impôt, autant au fédéral… qu'au provincial !
Je ne sais pas pourquoi le gouvernement québécois n'avait jamais encore pensé agir de la même façon auparavant !
Peu importe… Il sera donc intéressant de voir si le fédéral acceptera de déduire les dons de ceux qui financent le
conseil de la souveraineté. S'il ne le fait pas, il serait drôlement positionné pour expliquer pourquoi, durant tant
d'années, les dons envers le CUC étaient déductibles d'impôt, d'autant plus qu'au Québec, ils l'étaient aussi ! Ainsi,
je ne sais pas si une action pourrait être entreprise par Québec, Ottawa ne voulant pas lui rendre la pareille. De plus,
sur ce point, Mario Dumont a émis un commentaire aussi sensé et réfléchit qu'il a l'habitude de le faire. Il propose que
ces déductions d'impôts soient abolies purement et simplement. Mais, cette idée lui avait certainement pas traversé
l'esprit ces dernières années, alors que le conseil sur la souveraineté n'existait pas. Encore une fois, il y est allé
par la pensée immédiate et l'opportunisme politique. Il est d'ailleurs passé maître dans ce domaine. Mais, on peut
toutefois pensée que ceci rendra certainement joyeux les membres du Canadian Club, ainsi que le très fédéraliste Conseil
du patronat du Québec, présidé par le non moins fédéraliste et carriériste Gilles Taillon.
Finallement, je me demande tout de même pourquoi ces mesures n'ont pas été prises auparavant. Les dernières années ont
été marquées par l'économie. Ainsi, est-ce qu'un prochain mandat du PQ serait plutôt marqué par un retour aux sources,
c'est-à-dire, à la souveraineté et à la social-démocratie ? Je l'espère bien ! Car, après tout, il est bien difficile
d'investir dans le social lorsque l'économie va mal, alors que présentement, elle va drôlement bien.
Jean-François Gauvin 20 décembre 2002
Dernière modification : 29 mai 2004
|